Sargasses : le Mexique dévoile son plan national de lutte, doté de 158 millions de dollars

158 millions de dollars : c’est le montant que le gouvernement du Mexique a décidé de mobiliser dans le cadre d’un plan national de lutte contre les sargasses, ces algues nuisibles dont les échouements massifs empoisonnent l’ensemble des territoires des Antilles et de la Caraïbe, chaque année depuis 15 ans. C’est la présidente Claudia Sheinbaum en personne qui a dévoilé, jeudi dernier (30 juillet 2026), l’important dispositif, qui consiste surtout à ramasser les sargasses en mer, avant qu’elles n’atteignent le littoral caribéen du pays.

Dévier et ramasser massivement

Deux navires de 60 mètres, aptes à collecter plus de 3 tonnes à la minute, seront déployés, précise le New York Times ; l’un est déjà opérationnel et l’autre interviendra dans un mois. Par ailleurs, la marine installera des barrages déviants au large des côtes, sur près de 50 kilomètres, selon Travel Pulse, un site d’information québécois. Enfin, une armée de bras sont sollicités pour ramasser les algues qui, malgré tout, auront atteint les plages ; une équipe composée de militaires, mais aussi d’employés d’hôtel et de fonctionnaires municipaux.

L’objectif des autorités locales est d’empêcher le moindre impact de ce fléau sur l’activité touristique, qui pèse lourd dans l’économie locale. Cela, d’autant que la zone la plus touchée par les échouements est l’État de Quintana Roo, avec des destinations particulièrement prisées, comme Cancún.

Une réponse nationale coordonnée

Au Mexique, on parle d’une année record, en matière de pollution due aux sargasses. Jusqu’à 9000 tonnes envahissent quotidiennement les plages de Quintana Roo, en cette saison ; c’est quatre fois plus que l’an dernier.

Le drame, c’est qu’en plus d’enlaidir les paysages des littoraux exposés, les algues sargasses impactent l’environnement et étouffent la biodiversité. Par ailleurs, lorsqu’elles se décomposent des gaz toxiques (sulfure d’hydrogène, ammoniac…), dangereux pour la santé humaine, s’en dégagent ; l’odeur est nauséabonde à des kilomètres à la ronde. C’est ainsi qu’elles portent préjudice aux activités touristiques et commerciales, dans les secteurs où elles s’invitent.

Le plan mexicain vise à en finir avec une gestion solitaire et disparate, où chaque établissement hôtelier, chaque commune se débrouillait pour faire face à la crise.

De leur côté, les États membres de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) entendent développer une stratégie commune, non plus seulement pour ramasser mais, aussi et surtout, pour valoriser les sargasses et faire de ce fléau, une opportunité.

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