Sékou Jamal Pendessa installé pour cinq ans à la tête du SPPG : « La liberté de la presse n’est pas un privilège accordé aux journalistes, mais un droit fondamental des citoyens »
Élu le 25 juin dernier, le nouveau bureau national du Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG), composé de 13 membres, a officiellement pris fonction ce samedi 8 août 2026 à Conakry.
La cérémonie d’installation a réuni des journalistes, des patrons de presse, des syndicalistes, des représentants du corps diplomatique accrédité en Guinée, des institutions internationales ainsi que des autorités guinéennes.
Placée sous le signe du dialogue, de la responsabilité, de la solidarité et de l’action, la cérémonie a été marquée par l’allocution du secrétaire général du SPPG, Sékou Jamal Pendessa. Celui-ci a placé son mandat et celui de son équipe sous le thème : « Renforcer l’élan collectif pour le renouveau de la presse guinéenne ».
« Ce n’est pas un simple slogan, c’est une vision, c’est un appel, c’est une responsabilité partagée, car le renouveau de la presse guinéenne ne dépend pas uniquement du syndicat. Il interpelle les autorités publiques, les employeurs de médias, les journalistes, les partenaires techniques et financiers, les organisations professionnelles, ainsi que l’ensemble des citoyens. Nous avons tous une responsabilité dans la construction d’une presse libre, crédible, professionnelle et économiquement viable. Une presse capable d’informer avec rigueur, de contrôler l’action publique avec responsabilité, de promouvoir la paix sociale et de contribuer au développement national.
Mesdames et Messieurs, une démocratie forte ne peut prospérer sans une presse libre, et aucun pays ne peut prétendre accélérer son développement sans garantir aux citoyens un accès à une information à la fois indépendante, pluraliste et fiable. La liberté de la presse n’est donc pas un privilège accordé aux journalistes ; elle constitue un droit fondamental des citoyens. Elle renforce la transparence, favorise la bonne gouvernance, contribue à la lutte contre la corruption, rassure les investisseurs et consolide la confiance entre les gouvernants et les gouvernés. Investir dans la liberté de la presse, c’est donc investir dans le développement durable de notre pays », a déclaré le syndicaliste.
Les priorités du nouveau bureau
Conscient de la tâche qui l’attend, lui et son équipe, Sékou Jamal Pendessa a décliné les principales orientations qui devront guider la gouvernance du SPPG durant les cinq prochaines années.
« Durant ce mandat, notre action s’articulera autour de plusieurs priorités stratégiques :
- poursuivre le plaidoyer pour la réouverture des médias fermés ;
- promouvoir une législation moderne garantissant davantage la liberté de la presse et la protection des journalistes ;
- accélérer l’adoption de la convention collective ;
- renforcer la formation continue des journalistes et techniciens sur toute l’étendue du territoire national ;
- poursuivre les actions de moralisation de la profession et promouvoir une utilisation responsable des réseaux sociaux ;
- rechercher des mécanismes de financement favorisant le journalisme d’investigation, indispensable à la transparence et à la bonne gouvernance ;
- améliorer les conditions sociales et sanitaires des professionnels des médias ;
- renforcer les relations internationales du SPPG afin de développer des partenariats utiles au rayonnement de la presse guinéenne », a-t-il annoncé.
Le SPPG, par la voix de son secrétaire général, a également réitéré sa volonté de promouvoir le dialogue entre les autorités et le syndicat, dans l’intérêt de la nation. Sékou Jamal Pendessa a, par ailleurs, interpellé les autorités sur la disparition de certains journalistes, tout en exprimant l’espoir de voir des actions entreprises pour les retrouver.
« Notre cérémonie est également porteuse d’espoir :
L’espoir de voir reprendre un dialogue constructif entre les autorités et les acteurs des médias ;
L’espoir de voir rouvrir les médias qui demeurent fermés, afin que des centaines de professionnels retrouvent leur emploi, leur dignité et leur rôle dans la société ;
L’espoir, également, que toute la lumière soit faite sur les disparitions inquiétantes, dont celles de nos confrères Habib Marouane Camara et Sanassy Keïta, mais aussi du père du journaliste Mamadou Babila Keïta.
Nous renouvelons notre appel afin que les enquêtes progressent avec diligence, dans l’intérêt des familles, de la justice et de l’État de droit », a lancé Sékou Jamal Pendessa.
Le patronat favorable à la convention collective
S’exprimant au nom du patronat, Talibé Barry a félicité le nouveau bureau et dit partager les préoccupations exprimées par le SPPG. Il a particulièrement insisté sur la convention collective, toujours en attente de signature entre le patronat et les professionnels des médias.
« Je peux donc vous donner l’assurance de la disponibilité des organisations patronales de presse à continuer à échanger, à discuter, et, on va dire ainsi, à dépasser ce que vous avez appelé ici certaines peurs chez les patrons de presse, mais aussi à dépasser certaines incompréhensions afin que cette convention collective puisse enfin voir le jour », a-t-il déclaré.
L’Union européenne réaffirme son soutien aux médias

Le représentant de la délégation de l’Union européenne en Guinée, Paolo Barroso Simões, a, de son côté, rappelé l’importance de la presse dans l’ancrage démocratique. Il a invité les journalistes à faire preuve de responsabilité dans le traitement et la diffusion de l’information, tout en réaffirmant l’engagement de l’Union européenne à accompagner les professionnels des médias.
« L’Union européenne salue donc tous les efforts visant à renforcer le professionnalisme, l’indépendance, le pluralisme et la responsabilité du secteur des médias en Guinée. Une presse libre et responsable n’est pas un luxe, mais une condition essentielle à la confiance publique, au débat démocratique et à la participation citoyenne éclairée… Dans les périodes de post-transition, les sociétés ont particulièrement besoin de vérité, de responsabilité, de dialogue et de confiance. Les médias peuvent y contribuer puissamment. La liberté d’expression et la liberté de la presse sont des forces qui, exercées avec responsabilité et clarté, relient et construisent. Elles sont indispensables à toute société qui veut avancer avec confiance.
Alors que s’installe votre nouveau bureau exécutif, je forme le vœu que votre mandat soit placé sous le signe du rassemblement, de l’écoute, du professionnalisme et de l’ouverture. Puisse-t-il être l’occasion de consolider la place du journaliste dans la société guinéenne, de renforcer les solidarités au sein de la profession et de contribuer à un espace public apaisé, informé et inclusif », a lancé Paolo Barroso Simões.
Le ministère de l’Information appelle à la prudence

Prenant part à cette cérémonie, le secrétaire général du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation (MCENI), Souleymane Thiâ’nguel Bah, n’a pas souhaité prendre d’engagement particulier. Le numéro 2 du MCENI, a toutefois appelé à la prudence dans la diffusion de l’information, dans un contexte marqué par l’essor des réseaux sociaux.
Au nom de son ministre, il a assuré que les portes du département restent ouvertes au SPPG.
Lébêré Baldé
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