Un bilan pourtant loin d’être catastrophique
Sur le papier, le bilan de Pape Thiaw n’a pourtant rien d’indigne : en près de deux ans à la tête de la sélection, il affiche 20 victoires, 4 nuls et 5 défaites en 29 matchs et a remporté la CAN face au Maroc en janvier dernier. Il avait par ailleurs mené le Sénégal à sa qualification pour ce Mondial 2026 dès octobre 2025.
Mais le parcours américain a tourné au fiasco : défaites contre la France (3-1) et la Norvège (3-2) en phase de groupes, qualification arrachée grâce à une large victoire sur l’Irak (5-0), puis l’élimination désormais qualifiée d' »incompréhensible » par la presse sénégalaise face aux Belges. Le tout sur fond de tensions internes : Thiaw était arrivé au Mondial sans contrat renouvelé et avec plusieurs mois d’arriérés de salaire, une situation qu’il avait publiquement dénoncée quelques jours avant la compétition.
Le président de la FSF, Abdoulaye Fall, doit tenir une conférence de presse ce lundi pour détailler les motivations du limogeage.
Trois profils, trois logiques différentes
Aucun successeur n’a encore été officialisé, mais la presse sénégalaise et française évoque avec insistance trois noms.
Patrick Vieira est le profil qui fait le plus parler, relayé notamment par L’Équipe. Né à Dakar, l’ancien capitaine des Bleus a cocréé l’académie Diambars, qui a formé plusieurs internationaux sénégalais dont Idrissa Gana Gueye. Mais son parcours d’entraîneur (New York City, Nice, Crystal Palace, Strasbourg, Genoa) reste irrégulier, et il est sans club depuis son départ de Genoa en novembre 2025. Il n’a par ailleurs jamais dirigé de sélection nationale, ce qui en fait un pari plus qu’une évidence aux yeux de plusieurs observateurs.
Hervé Renard, lui, incarne la sécurité : une expérience considérable du football africain et des sélections nationales. Son profil est jugé solide, mais son coût pourrait poser un problème budgétaire à une Fédération déjà fragilisée par la gestion financière chaotique de l’ère Thiaw.
Habib Beye, tout juste écarté de l’OM, est sans doute le nom qui suscite le plus d’enthousiasme populaire. Ancien capitaine des Lions, il incarne une génération d’entraîneurs modernes, connaît parfaitement le vestiaire sénégalais et bénéficie d’une forte popularité auprès des supporters.
Un quatrième nom circule également avec insistance ces dernières heures : celui d’Omar Daf, présenté par certains médias sénégalais comme le candidat le mieux placé, pour des raisons avant tout budgétaires face aux exigences financières d’un Renard.
Un chantier plus large que le seul choix du coach
Plusieurs voix, dont celle du gardien Édouard Mendy, rappellent que les difficultés du Sénégal à ce Mondial dépassaient la seule question du sélectionneur : polémiques contractuelles, primes, tensions internes et problèmes d’organisation ont marqué cette campagne. Changer d’entraîneur ne suffira sans doute pas à lui seul à relancer une dynamique que la Fédération veut désormais reconstruire dans son ensemble.
La décision devrait être connue dans les prochaines semaines.
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