Soudan du Sud: forte augmentation des évacuations de blessés en 2026, selon la Croix-Rouge | TV5MONDE
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé mardi avoir évacué, lors des six premiers mois de 2026, moitié plus de blessés qu’à la même période de l’an dernier à travers le Soudan du Sud, où les combats s’intensifient.
Le plus jeune pays du monde est devenu indépendant du Soudan en 2011, mais a rapidement sombré dans la guerre civile sur fond de luttes pour le pouvoir, qui a fait 400.000 morts et quatre millions de déplacés entre 2013 et 2018.
Depuis plusieurs mois, les combats ont repris entre forces gouvernementales fidèles au président sud-soudanais Salva Kiir et des milices d’opposition loyales à son rival Riek Machar, vice-président déchu et en résidence surveillée.
Le CICR dit avoir évacué 266 blessés entre janvier et juin, soit une augmentation de plus de 50% par rapport à la même période de 2025.
« Cette hausse du nombre d’évacuations s’inscrit dans le cadre de l’intensification du conflit et de la violence depuis fin 2025, qui a forcé des milliers de familles à fuir de chez elles et les a privées de leurs moyens de subsistance et d’un accès sûr aux soins de santé », explique l’ONG dans un communiqué. Le « grand nombre de morts et de blessés » dus aux affrontements entraîne « une augmentation de la demande en soins vitaux », note-t-elle.
« Le conflit ne montre aucun signe d’apaisement et les besoins humanitaires ne cessent de croître », une situation « encore aggravée par la diminution des financements. La fourniture de services est donc réduite à tous les niveaux du système de santé, ce qui met les hôpitaux à rude épreuve », explique dans ce texte Rose Ochieng, coordinatrice santé du CICR au Soudan du Sud, pays classé à la dernière place de l’Indice de développement humain (IDH).
Le CICR estime avoir, depuis 2014, évacué plus de 5.000 patients à travers le pays pour qu’ils reçoivent des soins chirurgicaux vitaux, la plupart transportés par les airs depuis différentes régions jusqu’à l’hôpital militaire de Juba, l’un des principaux centres de traumatologie, qui « fonctionne constamment à plus de 100% de sa capacité ».
Fin juin, la mission de l’Onu dans le pays (Minuss) a également déploré une augmentation « significative » du nombre de civils tués et des victimes de violences sexuelles au premier trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent.
Entre janvier et mars 2026, 767 civils ont été tués (+89%) et 457 blessés (+73%) dans des épisodes de violences liés au conflit. Le nombre de victimes de violences sexuelles liées au conflit a augmenté de 31% d’un trimestre à l’autre et de 78% par rapport à la même période un an plus tôt, détaille la Minuss.
Cette « tendance (…) reflète l’utilisation délibérée de la violence sexuelle comme arme de guerre », alerte la mission onusienne.
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