Soudan : la relance de l’aide internationale doit s’accompagner d’initiatives de paix

Une guerre ne doit pas en cacher une autre. Outre le Liban et l’Ukraine, plusieurs conflits infligent d’énormes souffrances, notamment en Afrique. Et dans l’échelle d’intensité de ces drames, le Soudan est en première ligne. C’est là que se déroule la pire crise humanitaire au monde, selon l’ONU. La moitié de la population, soit 20 millions de personnes, y souffre de faim aiguë. Un tiers vit en exil ou déplacé à l’intérieur du pays. Les combats qui se déroulent depuis trois ans entre deux factions rivales sont accompagnés d’exactions de masse sur les civils, notamment les femmes.

Cette guerre passe inaperçue en Europe, mais pas chez les diplomates. Le Soudan occupe un immense territoire de l’est de l’Afrique et il est riverain de la mer Rouge, qui relie l’océan Indien à la mer Méditerranée. Son sort préoccupe ses voisins et bien au-delà. C’est d’ailleurs une des raisons de l’instabilité. L’Égypte, l’Arabie saoudite et la Turquie soutiennent un camp, les Émirats arabes unis et l’Éthiopie arment l’autre. Les enjeux géopolitiques, économiques et idéologiques s’entrecroisent. Mercredi 15 avril, un sommet à Berlin a certes permis d’obtenir des promesses d’aide humanitaire à hauteur de 1,5 milliard d’euros, dont la moitié provient des Européens. Mais la paix est restée un horizon lointain : les belligérants n’avaient pas été invités.

Il est difficile de prévoir comment ce cycle infernal pourrait s’arrêter. La responsabilité première revient aux deux camps rivaux, qui reflètent en partie les nombreuses tensions internes divisant le pays. Au lieu de la loi des armes, des processus de construction et de consultations politiques pourraient être menés en s’appuyant sur la société civile. Celle-ci s’était illustrée en contribuant au renversement du dictateur Omar El Béchir en 2019. Il faut qu’elle retrouve sa capacité d’agir.

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