Soudan : l’ONU ouvre une enquête sur les violences des FSR

Cette décision intervient alors que les affrontements entre les FSR et l’armée soudanaise se poursuivent sur plusieurs fronts, aggravant une crise déjà considérée comme l’une des plus graves au monde.

Selon les Nations unies, les FSR renforcent leur pression autour d’El-Obeid, capitale de l’État du Kordofan du Nord. L’organisation internationale redoute que cette ville ne connaisse un scénario similaire à celui d’Al-Fashir, au Darfour, où les combats ont provoqué des milliers de victimes, des déplacements massifs de population et la destruction d’infrastructures civiles.

L’enquête décidée par le Conseil des droits de l’homme vise à documenter les violations présumées du droit international humanitaire et les crimes commis contre les civils. Les conclusions pourraient alimenter de futures procédures devant les mécanismes internationaux de justice.

Une guerre alimentée par des soutiens extérieurs

Au cours des débats, plusieurs États ont dénoncé l’implication d’acteurs étrangers dans la poursuite du conflit. L’ambassadeur sud-africain auprès des Nations unies, Zaheer Laher, a affirmé que des puissances extérieures continuaient de fournir des armes, des drones, des financements et des mercenaires aux différentes parties impliquées dans la guerre.

Selon lui, la communauté internationale ne doit pas uniquement demander des comptes aux forces combattantes présentes sur le terrain, mais également aux États et aux réseaux qui alimentent la guerre en ressources militaires et financières.

Depuis le déclenchement du conflit en avril 2023 entre les Forces armées soudanaises dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de soutien rapide commandées par Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », plusieurs rapports d’experts des Nations unies ont évoqué des violations répétées de l’embargo sur les armes et l’implication de soutiens étrangers. Ces accusations continuent toutefois d’être rejetées par les États concernés.

Une catastrophe humanitaire qui ne cesse de s’aggraver

Sur le plan humanitaire, les indicateurs continuent de se détériorer. L’UNICEF estime que plus de 300 enfants ont été tués au cours des six derniers mois, près de 60 % d’entre eux ayant perdu la vie lors de frappes de drones. L’organisation souligne également que des milliers d’autres enfants ont été blessés ou privés d’accès aux soins, à l’éducation et à l’alimentation.

Depuis le début de la guerre, plus de 60 000 personnes ont été tuées selon plusieurs estimations, même si certains chercheurs avancent un bilan nettement supérieur. Au moins 13 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur domicile, faisant du Soudan la plus importante crise mondiale de déplacement de population.

Les Nations unies estiment désormais que plus de 30 millions de Soudanais ont besoin d’une assistance humanitaire. L’insécurité alimentaire touche une grande partie du pays, tandis que les infrastructures médicales continuent d’être détruites ou restent inaccessibles en raison des combats.Les agences humanitaires alertent également sur les difficultés croissantes d’acheminer l’aide vers les zones assiégées. Les convois humanitaires sont régulièrement bloqués, retardés ou confrontés à l’insécurité, compliquant la distribution de nourriture, de médicaments et de matériel médical.

Face à cette situation, les Nations unies appellent une nouvelle fois à un cessez-le-feu durable, à la protection des populations civiles et au respect du droit international humanitaire. Malgré plusieurs tentatives de médiation menées notamment par l’Union africaine, l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et d’autres partenaires internationaux, aucun accord de paix durable n’a encore permis de mettre fin aux hostilités.

Alors que les combats s’étendent à de nouvelles régions et que les besoins humanitaires atteignent des niveaux records, la communauté internationale redoute une aggravation supplémentaire de la crise si aucune solution politique n’est trouvée dans les prochains mois.


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