SPPG : un nouveau bureau installé pour cinq ans, entre défense de la presse et grands défis professionnels

Quelques semaines après la tenue de son quatrième congrès ordinaire, le nouveau bureau du Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) a été installé ce samedi 8 août 2026, lors d’une cérémonie organisée dans un réceptif hôtelier de la place. Pour les cinq prochaines années, l’équipe dirigée par Sékou Jamal Pendessa entend placer son mandat sous le signe de la défense des libertés, de l’amélioration des conditions de travail et de la consolidation de la profession journalistique.

La cérémonie a réuni plusieurs acteurs du secteur, notamment le secrétaire général du ministère de la Communication, des représentants des associations de presse, des institutions, des organisations syndicales ainsi que plusieurs partenaires. Au cœur des échanges : la liberté de la presse, les conditions de travail des journalistes, la protection sociale et sanitaire des professionnels des médias, mais aussi l’avenir d’une profession confrontée à de nombreux défis.

La rencontre a débuté par la remise de satisfecit aux anciens membres de l’équipe dirigeante ayant conduit les destinées du SPPG durant la période 2021-2026. Une manière de saluer le travail accompli au cours du précédent mandat et de mettre en lumière les acquis enregistrés par l’organisation syndicale.

Dans son discours de circonstance, le secrétaire général du SPPG, Sékou Jamal Pendessa, a placé ce nouveau mandat sous le signe du dialogue, de la solidarité et de l’action. Il a d’abord rendu hommage aux figures syndicales et professionnelles récemment disparues, tout en souhaitant un prompt rétablissement au doyen Amadou Diallo de la CNTG.

Le responsable syndical a notamment évoqué la mémoire de Diallo Souleymane, dit « Le Gros Lynx », ainsi que celle du général Abdoulaye Sow de la PUSTG et de la FESABAG, dont il a salué l’engagement en faveur de la liberté de la presse et de la solidarité professionnelle.

Pour Sékou Jamal Pendessa, l’installation du nouveau bureau dépasse largement le cadre d’une simple cérémonie protocolaire.

« Il marque le début d’un nouveau mandat placé sous le signe du dialogue, de la responsabilité, de la solidarité et de l’action », a-t-il déclaré.

Le nouveau mandat est placé sous le thème : « Renforcer l’élan collectif pour le renouveau de la presse guinéenne ». Une orientation qui, selon le secrétaire général, doit mobiliser non seulement le syndicat, mais également les autorités publiques, les patrons de médias, les journalistes, les organisations professionnelles, les partenaires techniques et financiers ainsi que les citoyens.

« Nous avons tous une part de responsabilité dans la construction d’une presse libre, crédible, professionnelle et économiquement viable », a-t-il souligné.

Dans son intervention, le secrétaire général du SPPG a insisté sur l’importance de la liberté de la presse dans une société démocratique. Il estime qu’une presse indépendante et pluraliste constitue un élément essentiel de la transparence, de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption.

« La liberté de la presse n’est donc pas un privilège accordé aux journalistes. Elle constitue un droit fondamental des citoyens », a-t-il martelé.

Le syndicat entend également poursuivre son plaidoyer pour la réouverture des médias fermés, afin de permettre à de nombreux professionnels de retrouver leur emploi.

Autre préoccupation soulevée : le sort des journalistes et des proches de journalistes dont les familles restent sans nouvelles. Sékou Jamal Pendessa a renouvelé l’appel du SPPG pour que toute la lumière soit faite sur les disparitions de Habib Marouane Camara et Sansy Keita, ainsi que sur celle du père du journaliste Mamoudou Babila Keita.

« Nous renouvelons notre appel afin que les enquêtes progressent avec diligence, dans l’intérêt des familles, de la justice et de l’État de droit », a-t-il déclaré.

Parmi les principaux chantiers du nouveau bureau figure également l’adoption de la Convention collective de la presse. Le SPPG considère ce texte comme un outil essentiel pour améliorer les conditions de travail et instaurer un cadre plus équilibré entre travailleurs et entreprises de presse.

Le syndicat se veut rassurant à l’endroit des employeurs qui pourraient percevoir cette convention comme une contrainte.

« Le SPPG ne mène aucune croisade contre les entreprises de presse. Nous savons que des médias solides sont indispensables à la protection durable des emplois », a expliqué Sékou Jamal Pendessa.

L’objectif affiché est donc de parvenir à un équilibre entre la protection des droits des travailleurs et la viabilité économique des entreprises de médias.

Une volonté également saluée par les organisations patronales de presse. Prenant la parole au nom des associations de presse, Talibé Barry a salué l’initiative du SPPG et estimé que cette cérémonie permet de remettre les préoccupations du secteur au centre du débat public.

Il a assuré de la disponibilité des organisations patronales à poursuivre les discussions autour de la Convention collective afin de dépasser les divergences et permettre à ce texte de voir enfin le jour.

Représentant le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, le secrétaire général du département a félicité le nouveau bureau du SPPG et réaffirmé la disponibilité des autorités à travailler avec les acteurs des médias.

Il a notamment insisté sur la nécessité d’exercer la liberté de la presse avec responsabilité, dans un contexte marqué par la prolifération des contenus diffusés sur les réseaux sociaux.

Selon lui, les journalistes ont un rôle essentiel à jouer face aux informations non vérifiées qui circulent sur les plateformes numériques.

« Tout ce qui se dit n’est ni vérifié, ni recoupé, ni équilibré. Donc, les journalistes que nous sommes, nous devons être les contrepoids de cette liberté-là », a-t-il déclaré.

Il a appelé à faire en sorte que la liberté de la presse puisse s’exercer dans un cadre responsable, tout en assurant que son département restera disponible pour accompagner les médias et le SPPG.

Présent à la cérémonie, le représentant de l’Union européenne a, lui aussi, adressé ses félicitations aux nouveaux responsables du SPPG. Il a estimé que leur installation constitue un moment important aussi bien pour la profession journalistique que pour l’ensemble de la société.

Selon lui, une presse organisée et engagée contribue à renforcer la confiance, la vitalité démocratique et la cohésion sociale.

Le représentant de l’Union européenne a rappelé l’engagement de son institution aux côtés de la Guinée, de la société civile et des acteurs de l’information, notamment à travers des initiatives consacrées au dialogue démocratique, à la participation citoyenne, à l’accès à la justice et à la protection de l’espace civique.

Il a également cité plusieurs actions en faveur du secteur des médias, notamment la formation des journalistes à la vérification des faits, au journalisme sensible aux conflits et au journalisme de données, ainsi que la mise en place d’un observatoire de la désinformation et de mécanismes de fact-checking.

Pour l’Union européenne, le SPPG a un rôle important à jouer dans la défense des droits et de la sécurité des journalistes, la promotion de l’éthique professionnelle et le renforcement du dialogue avec les autorités, les partenaires et la société civile

Entre dialogue avec les autorités, défense des libertés, protection sociale, formation, moralisation de la profession et adoption de la Convention collective, le nouveau bureau du SPPG aura donc plusieurs chantiers majeurs à conduire. Un mandat de cinq ans qui s’annonce décisif pour concrétiser l’ambition affichée : « Renforcer l’élan collectif pour le renouveau de la presse guinéenne ».

Aminata Camara 


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