Structuration optimale d’un Fonds souverain en Guinée: Dr Almamy Sylla anime une conférence accadémique

L’Institut Supérieur de Commerce et d’Administration des Entreprises de Guinée (ISCAEG) a servi de cadre ce samedi, 1er Août 2026, à la ténue d’une conférence académique. Portant sur la structuration optimale du Fonds souverain de la République de Guinée, elle a été animée par Dr Almamy Sylla, deuxième vice-gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG). Le conférencier est revenu sur la définition d’un fonds souverain, son importance, ainsi que les mécanismes permettant de l’alimenter.

Stratégiste en marchés financiers et en programmation financière, Dr Almamy Sylla a fait savoir que la réussite du Fonds souverain de la Guinée repose sur une approche progressive, en procédant «graduellement, lentement et sûrement », tout en veillant à son utilisation optimale.

Poursuivant son intervention, l’économiste a rappelé les conditions minimales requises pour la mise en place d’un tel fonds. Selon lui, un pays peut disposer de plusieurs types de fonds, mais un fonds souverain obéit à des principes spécifiques qui doivent être rigoureusement respectés.

Parmi ces préalables, a-t-il souligné, figure notamment la garantie de la solvabilité de l’État. Celle-ci permet au pays de mobiliser des financements, tout en renforçant sa crédibilité auprès des bailleurs de fonds et des investisseurs.

« C’est pour éviter que le pays ne devienne la risée du monde en subissant le “syndrome hollandais” qu’il faut être vigilant. Pour mettre en place un tel fonds, il est indispensable de s’appuyer sur des ressources aux revenus pérennes et d’un niveau optimal. Sans des retours financiers atteignant un seuil minimal, il n’y a aucun intérêt à créer une telle structure. Vous ne pouvez pas prétendre fonder un fonds souverain sans générer chaque année des excédents durables. Je rappelle qu’un fonds souverain est un cadre de gestion globale, tant au niveau de la gouvernance institutionnelle qu’opérationnelle, aligné sur les meilleures pratiques internationales. Il intervient lorsque l’État accumule, sur la durée, des excédents de devises, c’est-à-dire des sommes inutilisées au-delà d’un exercice budgétaire annuel, pour éviter une gestion à vue. Si vous disposez d’excédents temporaires de 100 millions absorbés en moins d’un an, comment pourriez-vous alimenter un fonds souverain ? C’est l’existence de sources d’approvisionnement stables et durables qui vous permet de lever des fonds. Les investisseurs et les marchés ne vous accorderont aucun crédit si vous n’avez pas de quoi garantir votre solvabilité et tenir vos engagements financiers. C’est précisément pour cela qu’un fonds souverain constitue un puissant collatéral financier », a-t-il expliqué.

Bonne gestion des excédents budgétaires, un levier stratégique pour le Fonds souverain

La bonne gestion des excédents budgétaires constitue l’une des conditions essentielles pour assurer le succès du Fonds souverain dans le contexte guinéen. Au cours de son exposé, le conférencier a expliqué que lorsqu’un État dégage des excédents budgétaires, il ne s’agit pas de thésauriser ces ressources sans vision, « mais de les structurer conformément aux règles de l’art afin de gérer ces surplus de façon optimale».

«Certes, des pays comme Singapour ont pu constituer des exceptions en la matière. Mais pour notre réalité, nous devons viser l’optimalité selon les meilleures pratiques : lorsque vous générez des excédents de devises issus de vos ressources gazières, pétrolières ou minières, vous avez l’obligation de les structurer efficacement pour financer les grands travaux de développement du pays », a-t-il indiqué.

Les participants mieux outillés sur le Fonds souverain

Au sortir de la rencontre, les nombreux participants ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité de l’exposé et à tout l’apport qu’il leur a permis de mieux comprendre ce concept. Gérant du cabinet Mikael et professeur d’université, Mohamed Camara a affirmé qu’il s’agit là d’une thématique qui appelle à une réflexion.

Ce qu’a fait le Dr Almamy 2 Sylla ce jour, estime Mohamed Camara, « est aussi un appel à contribution adressé à ces étudiants, aux formateurs, au monde académique et à nous autres professionnels, afin que chacun y mette du sien ».

Selon lui, même si le gouvernement a déjà mandaté un cabinet chargé de la structuration du Fonds souverain, cela n’empêche pas que, dans les milieux intellectuels, « nous puissions en débattre pour aider le gouvernement dans sa réflexion, afin que le fonds s’adapte le mieux possible aux réalités guinéennes ».

Il faut rappeler qu’au cours de cette journée d’échanges, le conférencier a surtout insisté sur le fait que le Fonds souverain, pour un pays comme la Guinée, « représente bien plus qu’une réserve d’argent ». Il a ainsi souligné qu’il s’agit d’un instrument stratégique permettant de transformer les richesses naturelles du pays, notamment celles issues du projet Simandou, en un patrimoine durable au bénéfice des générations actuelles et futures.

Guinee114.Com et Ouest Fm

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