Supercalculateurs, ordinateurs quantiques… Dans les coulisses de Bull, fleuron de la haute technologie française – franceinfo
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À l’heure où la guerre fait rage entre les nations sur la révolution de l’IA, une entreprise française est particulièrement stratégique : il s’agit de Bull, qui fabrique des machines ultra-puissantes, des supercalculateurs. En exclusivité, ce fleuron de la haute technologie a accepté de nous ouvrir ses portes.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Derrière les portes d’immenses armoires, des ordinateurs parmi les plus puissants au monde, des supercalculateurs devenus indispensables pour simuler des attaques nucléaires, prédire la météo, concevoir de nouveaux médicaments ou développer des intelligences artificielles. Un savoir-faire français. Une usine à Angers (Maine-et-Loire), la seule en Europe, a exceptionnellement accepté de nous ouvrir ses portes. À la base de l’ordinateur, des cartes électroniques et leurs puces dernier cri.
« Donc là, ce sont les processeurs et les barrettes mémoire qui vont avec le processeur », nous montre Vincent Sarracanie, directeur de la production de Bull. Un ordinateur survitaminé qui tient dans un plateau : « Maintenant, le module de calcul va être installé dans ces armoires. Dans une armoire, on va mettre 38 modules de calcul comme celui qu’on a vu. Donc, on s’approche d’une équivalence, dans cette configuration-là, autour de 900 ordinateurs dans une armoire comme ça », précise encore Vincent Sarracanie.
Une puissance informatique titanesque. Ces armoires valent chacune trois millions d’euros et se vendent dans le monde entier. Des technologies de pointe pour une entreprise presque centenaire. Car dès les débuts de l’informatique, Bull fabriquait des ordinateurs qui remplissaient des pièces entières. Avec l’essor de l’IA, l’entreprise est devenue stratégique, à tel point que l’État français l’a rachetée le mois dernier pour ne pas voir ce fleuron partir à l’étranger. Une nouvelle enthousiasmante pour Stéphane Ormain, monteur-câbleur : « C’est l’avenir. De toute façon, l’IA, je pense que ça va être de plus en plus important. Pour moi, c’est intéressant de savoir que ça va perdurer. »
L’ambition pour demain, c’est un prototype protégé dans ce coffrage blanc : un ordinateur quantique. Autrement dit, une technologie qui permettra de démultiplier encore la puissance de calcul et de dépasser les limites de l’informatique traditionnelle. Aujourd’hui, les ordinateurs quantiques ressemblent à d’immenses chandeliers très encombrants. Dans les dix années qui viennent, l’entreprise espère pouvoir tout miniaturiser pour que cela tienne dans des plateaux bien plus compacts.
Toutes ces innovations françaises se heurtent aujourd’hui à une limite : l’approvisionnement en puces électroniques, le nerf de la guerre dans cette industrie. La plupart sont fabriquées à Taïwan. Aucune usine à ce jour n’est capable de rivaliser en Europe. Selon le patron, il y a urgence à investir massivement pour créer une filière : « Aujourd’hui, on en est encore au début, mais dans les prochaines années, ça va certainement arriver. Mais il faut des acteurs comme nous, et d’autres en Europe, pour pouvoir créer des puces qui vont générer la demande d’avoir une usine en Europe », souligne Emmanuel Le Roux, directeur général de Bull.
Bull veut doubler sa capacité de production, l’adapter à la fabrication des ordinateurs quantiques. L’entreprise est en pleins travaux pour agrandir son usine. Elle recrute 500 personnes dans le monde, rien que cette année.
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