TERRE D’ÉCRITURES. « Un Zacari et une danse », Saïna Manotte

La vie de cette petite fille commence mal : ses deux parents sont décédés. Mais elle est élevée par ses grands-parents, aimants et courageux : Man Vévé, intraitable sur l’éducation, et Grand Père Honoré, discret et solide. Leur bienveillance l’enveloppe d’un cocon de protection tandis qu’elle vit son enfance entre le fleuve et les arbres, la présence fantôme de ses parents et le quotidien d’une Guyane des années 40…Mais arrive le temps de l’adolescence, et afin de poursuivre une éducation à laquelle ses grands-parents n’ont jamais eu accès, elle doit partir pour Cayenne. Sa tante, femme spectaculairement belle et libre, l’accueille…

Cette « petite histoire », Saïna Manotte s’entremêle avec la grande histoire. L’influence de l’église, le racisme, les préjugés post-coloniaux et les droits des femmes sont autant de thèmes qui traversent le roman. Son style est à la fois simple et précis, enlevé, et plein d’humour. Sous sa plume, les personnages prennent vie avec force et laissent leur empreinte dans la mémoire.

Pour faire honneur à son appartenance au continent sud-américain, Saïna Manotte s’inscrit, consciemment ou non, dans la longue lignée des auteurs du réalisme magique. Son premier roman connaît un démarrage fulgurant puisqu’il a été sélectionné pour plusieurs prix, et bénéficie d’une préface de Christiane Taubira. Son deuxième livre prendra place dans la période historique suivante, avec une partie qui se déroule en Martinique.

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