Un géant aérien d’Amérique du Sud croit en Bruxelles : « C’est l’un des principaux pôles touristiques d’Europe »

Les premières réservations sont très encourageantes et on espère pouvoir rapidement se développer à Bruxelles en proposant davantage de vols. »

Rencontré à Rio de Janeiro, où a lieu le sommet de l’Iata, l’association du transport aérien international, le Chilien Roberto Alvo, patron de Latam nous a expliqué « sa fierté » de pouvoir à nouveau relier la Belgique à l’Amérique Latine, 26 ans après le dernier vol de la défunte compagnie brésilienne Vasp entre Sao Paulo et Bruxelles. « Nous sommes, pour l’instant, limités dans nos fréquences avec trois vols (aller/retour) seulement par semaine vers la Belgique, explique M. Alvo. Mais les premières réservations sont très encourageantes et on espère pouvoir rapidement se développer à Bruxelles en proposant davantage de vols. C’est la dixième destination européenne que nous proposons en vol direct depuis l’Amérique du Sud ».

Cet énorme montant que les compagnies aériennes doivent aux passagers : « Ce système est chaotique »

Latam a de l’ambition pour notre capitale : elle veut en faire un de ses hubs européens, notamment grâce à son partenariat de « partage de codes » (le passager ne fait qu’une seule réservation pour ses différents vols, NdlR) avec Brussels Airlines. Ce qui lui permet de connecter facilement 17 autres villes européennes, via Zaventem. « Le transport de cargo est aussi très important pour nous, insiste le patron de Latam. Depuis 2024, on a d’ailleurs installé notre principal hub européen de fret à Zaventem ».

Une grande partie de ce trafic fret concerne les fleurs d’Équateur vers l’Europe et les produits pharmaceutiques européens vers l’Amérique latine. Restait donc à développer les vols passagers. « On a senti qu’il y avait une forte demande pour ces vols entre São Paulo et Bruxelles et on y répond ! », insiste M. Alvo.

« Les difficultés du secteur aérien au Moyen-Orient profitent à toutes les autres régions à travers le monde, en ce compris l’Amérique du Sud ».

La demande, côté belge, elle vient notamment de la forte communauté brésilienne implantée dans notre pays. On estime aujourd’hui que 65 000 Brésiliens vivent en Belgique, dont une grosse majorité à Bruxelles, dans les communes de Saint-Gilles, Forest ou Anderlecht. On parle même d’un « Little Brazil » dans certains quartiers bruxellois. Ce serait l’une des communautés qui grandit le plus rapidement à Bruxelles, avec notamment l’arrivée de travailleurs du secteur de la construction venant de la région du Minas Gerais ou de Goiás, dans le centre du Brésil.

Le boom touristique du Brésil

La demande vient aussi des touristes belges. Avec la guerre au Moyen-Orient, le Brésil est devenu une alternative de choix par rapport à certaines destinations asiatiques, désertées par bon nombre de voyageurs. « Les difficultés du secteur aérien au Moyen-Orient profitent à toutes les autres régions à travers le monde, en ce compris l’Amérique du Sud », explique ainsi Marie Owens Thomsen, économiste en chef de l’Iata. Cette année, le Brésil devrait ainsi à nouveau battre son record (9,3 millions en 2025, soit déjà une hausse de 37 % par rapport à 2024) d’arrivées de touristes internationaux sur son territoire.

Côté brésilien aussi, il y a un réel intérêt pour la Belgique. Dans le bourdonnant aéroport de Garulhos de Sao Paulo, plus grande plateforme aérienne d’Amérique latine, on a une très bonne estime de la capitale belge. « Bruxelles est l’un des principaux pôles touristiques d’Europe, avec un flux très diversifié de touristes d’agrément, de cadres et de diplomates pendant l’été européen », explique Claudio Ferreira, le directeur en charge du développement de l’aéroport.

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