« Une létalité élevée de 50% »: une épidémie d’Ebola touche la République démocratique du Congo, déjà 88 morts
Le virus d’Ebola touche actuellement la République démocratique du Congo. L’OMS a déclenché ce dimanche 17 mai une alerte internationale face à une épidémie qui a fait déjà 88 morts.
La République démocratique du Congo est frappée de plein fouet par Ebola, poussant l’OMS à déclencher une urgence de santé publique de portée internationale, son deuxième niveau d’alerte le plus élevé, ce dimanche 17 mai.
Déjà 88 morts ont été recensés, sur 336 cas suspects dans le pays d’Afrique centrale, vraisemblablement dus au virus. Un premier cas a été confirmé à Goma, grande ville de l’est contrôlée par le groupe armé antigouvernemental M23. Un mort a également été signalé en Ouganda, pays voisin.
« Létalité de 50% »
Le virus, qui provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse, est redoutable. Alors qu’aucun vaccin pour ce variant n’est pour l’instant trouvé. L’Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine, a mis en garde contre un « risque élevé de propagation », notamment dans les pays voisins.
De quoi inquiéter Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation de l’hôpital Lariboisière à Paris. Selon lui, « cette souche d’Ebola est une souche plutôt rare, ce n’est pas la souche dominante du virus. »
« Elle est à l’origine d’une maladie grave avec une létalité élevée de l’ordre de 50%. Ce qui est déjà assez important », détaille le spécialiste.
Une épidémie qui progresse rapidement
Et le problème, face à cette situation, c’est qu’il n’y a « malheureusement pas de traitement spécifique ni de vaccin préventif. » Alors le médecin se dit inquiet, surtout que l’épidémie « progresse rapidement ».
« Le risque est surtout que ça se diffuse localement, par manque de moyens sanitaires, de difficultés d’apporter des médicaments utiles et la pauvreté de la population », explique Bruno Mégarbane sur RMC.
L’OMS a indiqué vendredi 15 mai préparer un envoi par avion depuis Kinshasa de cinq tonnes de matériel. Selon une source administrative locale et des journalistes de l’AFP sur place, la frontière entre la RDC et le Rwanda est partiellement fermée depuis dimanche matin.
Cette épidémie est la 17ème en RDC depuis que la maladie a été identifiée en 1976 au Zaïre, ancien nom de la RDC. L’épidémie la plus meurtrière avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades, entre 2018 et 2020.
La transmission humaine du virus se fait par les fluides corporels ou par exposition au sang d’une personne infectée, vivante ou décédée. Les personnes infectées ne deviennent contagieuses qu’après l’apparition des symptômes, la période d’incubation pouvant aller jusqu’à 21 jours.
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