Une nuit d’ivresse qui vire à l’horreur dans le Tarn : l’heure de vérité pour Dominique P. qui a reconnu avoir tiré à bout portant sur sa compagne
À partir du 24 juin prochain, la cour d’assises du Tarn va se pencher sur le drame qui a secoué Brassac en janvier 2024. Dans le box des accusés, Dominique P. devra répondre du meurtre, en état d’ivresse, de sa compagne âgée de 50 ans. Entre alcoolisation massive, détention d’armes illégales et huis clos destructeur, retour sur un féminicide tragique.
L’heure du procès arrive pour Dominique P., incarcéré depuis un peu plus de deux ans à la maison d’arrêt d’Albi. Cet homme d’une cinquantaine d’années va être jugé du 24 au 26 juin prochains par la cour d’assises du Tarn, à la suite de la mort de sa compagne, tuée par balle au cœur de l’hiver 2024. Derrière les chefs d’accusation — « meurtre par une personne agissant en état d’ivresse manifeste » et « détention sans déclaration d’arme de catégorie C » —, c’est une terrible mécanique de violence, de misère sociale et de dépendance qui sera disséquée par la cour et les jurés.
Coup de feu à bout portant
Les faits remontent à la nuit du 10 au 11 janvier 2024. Il est environ 2 heures du matin lorsque les gendarmes pénètrent dans un appartement du deuxième étage de l’immeuble HLM « Le Moulin du Paradou », à Brassac. À l’intérieur, la scène est pétrifiante. Une femme de 50 ans gît sans vie, foudroyée par un projectile unique reçu en plein thorax.
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Sur place, son compagnon, Dominique P., est immédiatement interpellé. L’homme est alors dans un état d’alcoolisation si avancé que les gendarmes doivent attendre de longues heures son dégrisement complet avant de pouvoir recueillir ses premiers mots. Face aux preuves, le Brassagais finit par avouer avoir fait feu sur celle qui partageait sa vie. L’autopsie confirmera plus tard l’implacable réalité : la victime a succombé à une hémorragie massive provoquée par un tir de fusil de chasse percuté à « courte distance ».
Au-delà de la stupeur, le drame a mis en lumière le quotidien marginal de ce couple sans emploi, déjà connu des services de gendarmerie pour des excès liés à la boisson et des altercations avec des tiers. Si aucune plainte pour violences conjugales n’avait jamais été enregistrée, le voisinage décrivait un homme impulsif, cherchant régulièrement le conflit.
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Il encourt la perpétuité
Le procès devra également éclairer la présence d’un véritable arsenal au sein du logement. Lors des perquisitions, les militaires ont saisi plusieurs fusils et des munitions détenus sans aucune déclaration administrative.
Après un peu plus de deux ans d’instruction et de détention provisoire à la maison d’arrêt d’Albi, Dominique Poleau s’assiéra dans le box des accusés. Il est défendu par Mes Jean-Baptiste Alary, Jessica Chefaroudi et Emmanuelle Franck. Durant trois jours d’audience, les jurés tarnais devront reconstituer le fil de cette nuit tragique et tenter de comprendre comment un litige de trop a basculé dans l’horreur.
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L’enjeu des débats reposera sur la qualification de l’intentionnalité et l’impact de l’alcool comme circonstance aggravante. Pour avoir braqué ce fusil à courte distance sur sa concubine, Dominique P. encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
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