La France est un pays où, même si la lecture recule, le livre reste sacré. Quand un sportif remporte une médaille d’or olympique, ou qu’un candidat de télé-réalité remporte une émission, dans la foulée, il publie un livre. Et je ne parle même pas des politiques, dont certains écrivent un livre tous les six mois… Le livre, chez nous, est un outil de légitimation. Ça n’est pas le cas dans les autres pays.
En France, l’ébullition intellectuelle est permanente, on s’en rend compte dès qu’on passe un certain temps à l’étranger. Le côté « village gaulois », cette résistance par les mots et les idées, a quelque chose de sympathique, et je crois que ce n’est pas anodin. Ce goût pour la réflexion explique largement notre désir, en France et plus largement en Europe, de fixer des limites à l’accélération technologique.
L’histoire des États-Unis, c’est celle de la Frontière, qu’il s’agit de repousser toujours plus loin. Qu’on les laisse faire, mais sans les suivre ! La sécession à laquelle on est en train d’assister, cet éloignement géopolitique entre l’Europe et les États-Unis, nous a longtemps paru imprévisible et improbable. Mais on peut considérer que notre capacité à couper le cordon a quelque de chose de rassurant.
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