Les avions d’Air Antilles ne décollaient déjà plus depuis décembre 2025. Pour autant, la liquidation judiciaire de cette compagnie annoncée par le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre marque officiellement la fin d’une ère… Et inquiète.
Des prix déjà trop élevés
Selon le représentant des agences de voyages des Antilles-Guyane, Air Antilles, pratiquait les mêmes tarifs que son concurrent depuis son rachat par Saint-Martin et Edeis en 2024. Brice Nayaradou dénonce les conséquences du désormais monopole d’Air-Caraïbe pour les vols régionaux.
« Les prix qu’on a déjà sont relativement hauts, je ne pense pas qu’ils pourront monter plus. Maintenant, c’est sûr qu’un monopole, quel que soit le secteur, et encore plus dans l’aérien, n’est jamais bon. Et pour tous les acteurs, parce qu’effectivement la concurrence amène à trouver des idées, à trouver de nouvelles destinations, à se battre sur les prix, et c’est vrai qu’on se retrouve tout seul malheureusement sur les destinations. Ce n’est jamais bon, surtout pour le consommateur final. »
Brice Nayaradou, président du syndicat des entreprises du voyage Antilles-Guyane
Désormais, l’offre sera réduite pour se rendre à Saint-Martin ou encore à Pointe-à-Pitre. La député Béatrice Bellay alerte sur cette énième rupture territoriale et assure que l’État a son rôle à jouer.
« Je demande, et j’ai écrit au ministre des Transports et au Premier ministre, que soient mises en place des dispositifs de contrôle des prix. Depuis un certain temps, on voit d’ailleurs déjà une augmentation des prix de ces dessertes, avec des allers-retours entre la Martinique et la Guadeloupe qui peuvent atteindre jusqu’à 400 euros. Ça, c’est le plus possible. »
Béatrice Bellay, députée (PS)
Les collectivités auraient-elles pu empêcher cette cessation d’activité ? Cette décision renforce en tout cas la rupture avec nos voisins… alors que la Martinique vient tout juste d’intégrer la Caricom.Autre conséquence majeure, les 116 salariés de la compagnie se retrouvent au chômage.
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