Le reggae s’implante en Martinique dans les années 70. Skanky, lui, arrive sur la scène locale dans les années 90, avec un style raggamuffin et dancehall. Et il continue aujourd’hui à faire évoluer sa musique.
« J’essaie de mélanger différents styles, de créer quelque chose de propre à nous. Le son « Jeu de rôle » avec Caroline c’est l’exemple. Je dirais que c’est du shatta 2.0. On essaie de créer autre chose pour faire évoluer la musique. »
Skanky, artiste martiniquais
Sur la pelouse du stade Louis Achille, toutes les générations se côtoient.
« Pour moi le reggae c’est intergénérationnel. Ça touche les plus jeunes comme les plus anciens. Je pense que tout le monde peut se retrouver à travers ce style musical. »
Cindy
Lieutenant, second artiste local de la programmation, connu pour ses sons dancehall, était aussi sur scène samedi soir (11 juillet).
« Il est vrai que je fais de plus en plus de reggae, ce qui explique ma présence ici. J’ai énormément de sons de reggae et qui ont plein de messages divers. Comme je dis la musique reggae c’est une musique urbaine. On parle de tout, de notre misère, de notre souffrance, de nos réussites, de l’amour. »
Lieutenant, artiste martiniquais
En 2018, le reggae entre au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Né en Jamaïque, il a depuis pris racine dans de nombreux pays. En Martinique, les artistes se sont approprié cette musique, pour le plus grand plaisir de leur public.
« Le fait qu’on soit super éclectique. Je pense qu’on est les seuls dans la Caraïbe à pouvoir aborder avec autant de puissance et de force tous ces styles musicaux. Et donc, dans le reggae on est installés et on n’a rien à envier à personne. »
Patrick
Si le reggae a toujours sa place dans le paysage martiniquais, la jeunesse, elle, s’y fait plus rare.
« Mon constat c’est que la majeure partie de la jeunesse se désintéresse un peu de cette musique au profit d’autres musiques un peu plus festives. On peut parler de shatta, de trap. Des choses qui sont un peu différentes dans le contenu, plus digestes on dira. C’est dommage parce que je pense que tout le monde a quelque chose à apporter et des messages positifs à véhiculer. Donc ce serait bien qu’il y en ait davantage qui se lancent dans le reggae. »
Gilles Boulard Alias DJ Gil, Dj et producteur de musique martiniquais
Le Reggae Therapy Festival a pris sa place dans le paysage des festivals de l’île et continuera de faire vivre le reggae en Martinique, que ce soit avec les artistes locaux, aux influences métissées ou avec les têtes d’affiche internationales.
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