Gigi n’en peut plus. Cette vache, issue d’une exploitation familiale du quartier Crève-Cœur à Saint-Anne, est âgée d’une douzaine d’années. Visiblement très fatiguée, elle n’a pas la force de se lever.
« Nous avons perdu environ 13 bêtes sur notre exploitation depuis mars. Aujourd’hui, on peut constater qu’on a peut-être une bête de plus qui risque d’y passer. Donc on est sur 13 ou peut-être 14. On a beaucoup de génisses qui sont épuisées, notamment celles qui ont des petits. Sachant que les petits drainent un petit peu l’énergie de leur mère. »
Billy Nilor, éleveur – naisseur
Il fait très chaud. 35 degrés hier et ce n’est pas mieux ce mercredi 5 août. Depuis plusieurs semaines, pas de pluie, donc pas d’herbe. Ce mois d’août démarre très mal.
« [Journaliste : La Manzo ne suffit pas ?] – Non, en ce moment surtout pas. Il y a eu pas mal de restrictions ces dernières semaines. C’est vrai qu’on est dans une situation délicate. On espère trouver des solutions, que les autorités puissent nous accompagner. On s’entraide avec des maraîchers qui, des fois, peuvent nous aider en nous donnant de la bagasse, des melons. »
Billy Nilor, éleveur – naisseur
« On est également dans une réaction en chaîne parce que tous les éleveurs sont concernés. On ne sait plus quoi faire, on essaie de trouver des solutions mais ça reste encore très difficile. »
Kévin Marie-Louise-Bredon, technicien de la CODEM (Coopérative des éleveurs de la Martinique)
Au Vauclin, 240 têtes. Des bêtes qui donnent des signes de faiblesse également. Et la même inquiétude pour les éleveurs.
« Ce n’est pas facile tous les jours parce qu’on essaie de donner à manger correctement mais ce n’est pas vraiment l’idéal. »
Kilyan Davidas, ouvrier agricole
« Ça devient très difficile pour les éleveurs de pouvoir maintenir tout cela. Ce qui fait qu’on impacte de plus en plus leurs revenus parce qu’ils doivent acheter des concentrés, ils doivent trouver des méthodes pour pouvoir maintenir leurs troupeaux et permettre la survie des animaux. Certains éleveurs ont envoyé des animaux en boucherie avant cette période, mais beaucoup ne pensaient pas que cette période de sécheresse allait autant durer. »
Kévin Marie-Louise-Bredon, technicien de la CODEM (Coopérative des éleveurs de la Martinique)
Le carême joue ainsi les prolongations et pas de pluie significative annoncée pour cette semaine.
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