VIDÉO. RD Congo: ‘Ce protocole est un acte majeur’ estime le ministre congolais de l’Intégration, suite à l’accord signé avec les FDLR | TV5MONDE

Après l’annonce par la République démocratique du Congo, le 28 juillet dernier, de la signature d’un accord de reddition avec les FDLR, la mise en place du protocole de démobilisation du groupe armée est attendue. Le ministre congolais de l’Intégration, Floribert Anzuluni, a détaillé sur le plateau de TV5MONDE la suite de cette avancée vers la paix à l’est du pays.

C’est une grosse pierre qui a été posée dans le processus de paix à l’est de la République démocratique du Congo. Le 28 juillet dernier, Kinshasa a affirmé qu’un accord de reddition – l’acte de déposer les armes – avait été signé entre la République démocratique du Congo et une branche des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), composées d’anciens responsables Hutu ayant fui le Rwanda après avoir perpétré le génocide contre les Tutsi, en 1994. 

Le groupe armé s’est formé en RD Congo en 2000 et affirme vouloir rentrer au Rwanda pour renverser la présidence de Paul Kagame. Ils sont responsables en RD Congo de violences graves contre des civils et des femmes, selon les Nations unies. L’accord est censé mettre fin à leur présence sur le sol congolais. 

« Les FDLR doivent être défaits »

Le ministre de l’Intégration congolais, Floribert Anzuluni, s’est réjoui sur le plateau du Journal Afrique de TV5MONDE de la signature, qu’il qualifie d' »acte majeur« . Cet accord est un des points d’achoppement les plus ardus du conflit à l’est de la RD Congo. Il s’est ravivé fin 2021 et oppose les Forces armées de la RD Congo (FARDC), appuyées par les groupes d’autodéfense des Wazalendo, à l’Alliance du fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC M-23), qui est, selon l’ONU, soutenu par le Rwanda. 

Dans l’Accord de Washington que le président rwandais Paul Kagame et son homologue congolais Félix Tshisekedi ont signé le 4 décembre dernier, la neutralisation des FDLR figure comme condition pour parvenir à une paix durable. Pour le Rwanda, il est inconcevable que d’anciens responsables d’un des génocides les plus violents de l’histoire récente soient présents à la frontière entre les deux pays. 

« La neutralisation des FDLR passe par l’éradication de la menace. Cette éradication arrive grâce au fait que les FDLR doivent être défaits« , a clamé Floribert Anzuluni sur TV5MONDE. Toutefois, aucun délai n’a été dévoilé pour le moment. « Nous avons, à ce stade, la première étape, qui a été la signature par les FDLR de ce protocole extrêmement important« , a détaillé le ministre avant de préciser que « tous les éléments » de la deuxième étape « sont en cours d’approbation« .

Il faudra donc attendre encore un peu pour que la neutralisation des FDLR, à laquelle est assorti un processus qui « n’est pas seulement congolais » selon le ministre, soit opérationnelle. Le ministre a affirmé que la formation « militaire » et la formation « politique » des FDLR sont concernées par le protocole. Le Rwanda de son côté s’est montré sceptique quant à ces annonces, ce qui « ne surprend pas » le gouvernement congolais, affirme Floribert Anzuluni. « Nous sommes tous liés » par l’accord de paix signé à Washington, « et la RD Congo, aujourd’hui, est en train de faire respecter ses engagements« , a-t-il conclu. 

Pour aller plus loin Guerre en RD Congo: le M23 et le Rwanda accusés de viols, meurtres et enlèvements à Uvira, dans un rapport choc de l’ONG Human Rights Watch

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