VIDÉO. RD Congo: une opération ‘ville morte’ à Kinshasa pour s’opposer à toute modification de la Constitution | TV5MONDE

Mercredi 3 juin, la plateforme d’opposition C64 a appelé à une journée « ville morte » à Kinshasa, pour dire « non » à toute modification de la Constitution qui pourrait permettre au président congolais Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.

Mercredi matin, la capitale congolaise, Kinshasa, a connu une journée inhabituelle, sans embouteillages sur les grands axes et des rues calmes. En cause: l’opération « ville morte » initiée par la plateforme C64, un collectif de partis d’opposition, pour protester contre toute tentative de modification de la Constitution qui permettrait au président Félix Tshisekedi de prolonger son mandat au-delà de la limite actuelle.

Dans plusieurs quartiers, notamment dans le centre-ville de la Gombe, la circulation était fluide. Les établissements scolaires ont également été touchés, avec une présence réduite d’élèves et d’enseignants. À l’école primaire Sainte-Anne, par exemple, seulement la moitié des élèves de grande section étaient présents, tandis que les classes de première année n’ont accueilli que dix élèves.

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Certains parents ont préféré garder leurs enfants à la maison par crainte de violences, tandis que d’autres ont choisi de les accompagner à l’école, estimant que les rumeurs de troubles étaient infondées. « Nous avons amené les enfants parce que nous savons qu’ils doivent étudier« , a déclaré un parent. 

L’opération a également eu un impact sur l’activité économique, avec de nombreux magasins de l’avenue du Commerce restés fermés. Bien que la ville a été ralentie, elle n’était pas complètement à l’arrêt, témoignant d’une adhésion partielle à l’appel du C64.

Première action de la C64

C64, qui regroupe cinq grands partis d’opposition, dont Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, a organisé cette journée pour s’opposer à toute révision constitutionnelle. « Chacun reste chez soi »: c’était leur mot d’ordre. Une journée qui avait valeur de test pour le C64. « On n’en doute pas, on sait ce que le peuple veut« , ont confié plusieurs responsables militants. Le secrétaire général de cette formation s’est félicité de cette journée de mobilisation, mais sans triomphalisme.

« Ceux qui ont entendu les messages ont aussi exprimé leur position dans cette manifestation, ils ont montré qu’ils ne sont pas d’accord avec un certain nombre de choses, qu’ils ne sont pas d’accord avec l’arbitraire »

Dieudonné Bolengetenge Balea, secrétaire général d’Ensemble pour la République

Du côté du parti présidentiel, l’UDPS, cette journée a été qualifiée de « non-événement », affirmant que la population n’avait pas suivi l’appel de l’opposition. « Nous n’avons pas prévu de contre-manifestation« , confie un cadre de l’UDPS, mais « nous serons vigilants pour que les Kinois et les Kinoises puissent aller travailler normalement ».

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C64 prévoit de faire le bilan de cette journée de mobilisation et d’annoncer de nouvelles actions pour défendre la Constitution et l’état de droit. Cette première initiative marque le début d’une série de manifestations visant à maintenir la pression sur le gouvernement et à empêcher toute modification constitutionnelle qui pourrait prolonger le mandat présidentiel.

 

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