WorldSkills Shanghai 2026 : un ancien lycéen d’Istres représente la France

La plus grande compétition internationale de compétences professionnelles au monde se nomme WorldSkills. Et la 48e édition de ce défi des métiers qui rassemble des jeunes, des enseignants et des industriels, pour faire progresser la formation technique, se déroule du 22 au 27 septembre 2026 à Shangaï. 

Cette année, c’est un ancien lycéen d’Istres qui est sélectionné pour s’envoler vers la Chine, en vue de représenter la France : un privilège rare qui réjouit le jeune Alexis Aubert. « C’est fantastique, je viens d’être désigné pour représenter la France à Shangaï ! », s’enthousiasme l’étudiant, scolarisé, au départ, sur Istres, où il a vécu toute son enfance, jusqu’à obtenir son bac général au lycée Rimbaud. « Avant de partir pour Toulon, pour intégrer une filière BUT génie mécanique, puis un BTS de conception de produits industriels… Et c’est là que j’ai découvert la fabrication additive ! »

L’expert référent, Julien Bajolet, et Alexis Aubert, le duo de choc en fabrication additive de l’équipe de France. – WorldSkills 

Un procédé de fabrication de pièces complexes par addition de matière, poudre ou liquide, que l’on nomme plus couramment fabrication 3D. « C’est également durant cette période que l’on m’a parlé des WorldSkills régionaux… »

Cette compétition des métiers est structurée en plusieurs niveaux : d’abord régional, puis national et enfin mondial. « Les résultats finaux de cette compétition régionale ont été cohérents avec mon cursus. Et j’ai donc été sélectionné, en 2025, pour devenir le représentant de la région PACA dans la catégorie Fabrication additive. »

Bachelor en alternance chez Airbus Helicopters

Une étape de sélection qui permit à Alexis Aubert d’accéder à la grande compétition nationale, dont la phase finale avait lieu à Marseille, au Parc Chanot, en octobre 2025. Là où s’est installé Alexis, désormais en Bachelor par alternance chez Airbus Helicopters. « Nous étions 10 candidats à concourir, chacun représentant une région de France. Et nous étions nous accompagnés de notre expert référent. »

Face au public du parc Chanot, cette série d’épreuves solo se déroule, candidat après candidat, par plusieurs modules d’une demi-journée, le tout sur 3 jours. « On se déplace avec son propre matériel et l’on reçoit le sujet, le matin de l’épreuve. Dans mon cas, j’ai dû concevoir, à partir d’un scan 3D du bras d’une experte, une attelle de maintien du poignet. »

Le candicat découvrant chaque sujet devant le jury, obligé de tout réaliser, en direct sous leurs yeux, en quelques heures seulement…

A partir d’une poudre métallique spéciale, certaines imprimantes 3D sont capables de fabriquer des pièces complexes par fabrication additive. – Shutterstock

Concevoir une main articulée, en direct, devant le jury

« Lors d’une seconde épreuve de ce WorldSkills national, on m’a demandé de fabriquer une main articulée qui devait se refermer à l’aide de fils en nylon. » Une autre épreuve consécutive consistait à lui faire élaborer un guide de perçage d’implants pour prothésistes dentaires. « Et l’une des dernières épreuves m’imposait d’optimiser une prothèse de hanche, à partir d’un modèle 3D réalisé sous Fusion 360. Il fallait la rendre plus légère, sans générer un risque de casse. »

Toutes ces épreuves concernaient essentiellement le domaine médical ou paramédical, mais elles auraient tout aussi bien pu répondre à des problématiques industrielles ou autres… « À l’issue de cette finale nationale des WorldSkills, c’est le candidat de l’île-de-France qui est arrivé 1er, je suis arrivé 2e et celui de Bretagne en 3e position… »

Mais ces 3 premiers candidats étaient, de toute façon, tous qualifiés pour participer à une ultime sélection. Une phase qui eut lieu en décembre 2025. « Le jury nous a départagés à partir des résultats de la finale de Marseille, en tenant compte de tous nos softwkills et hardskills. C’est à dire de tous les savoir-faire et savoir-être que nous possédions… »

Décollage pour la Corée du Sud… avant le défi « Shangaï 2026 »

Une étape clé qui permit à Alexis Aubert d’être déclaré gagnant des WorldSkills nationaux, faisant de lui le représentant officiel de la France, lors de la compétition mondiale 2026.

À partir de maintenant, on change complètement de dimension ! Le niveau des candidats devient carrément énorme ! » 

Et pour s’entraîner au mieux, ce représentant de la France est parti, fin juin 2026, en Corée du Sud. Là, les autres représentants des pays qualifiés l’ont brièvement rejoint. « Il y avait l’Irlande, le Royaume-Uni, l’Australie, le Bresil, le Japon, la Chine, la Corée du Sud, Singapour, l’Inde et la Malaisie ! » Bref, les meilleurs au monde en matière de fabrication additive.

Une technologie d’avenir qui permet, par exemple, de concevoir des tuyères de turbines sur-mesure en composite, des échappements de moteur haute performance, ou quantité d’autre pièces métalliques impossibles à fabriquer autrement. « 

Je ne connais pas encore le thème des épreuves de ces WordlSkills Shangaï 2026, seulement les machines qu’il faudra utiliser : elles seront toutes chinoises. On commence donc tous à s’entraîner, à partir de leurs manuels… »

Et le compte à rebours à déjà commencer pour Alexis… plus que 50 jours !


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