17è épidémie d’Ebola en RDC: Zoom sur le prochain essai clinique sur deux traitements piloté par l’OMS

Genève (© 2026 Afriquinfos)- Un essai clinique portant sur deux traitements potentiels contre Ebola débutera la semaine prochaine en République démocratique du Congo (RDC), selon une information communiquée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ce mercredi 24 juin.  

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a  lors d’un point de presse à Genève, déclaré que les préparatifs étaient terminés pour cet essai. Celui-ci évaluera si les antiviraux MBP134 et remdesivir peuvent réduire la mortalité chez les patients atteints de la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo, utilisés seuls ou en combinaison.

Selon l’OMS, environ 1 000 personnes pourraient être incluses dans cet essai, qui intervient alors que le pays est confronté à une importante épidémie provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola.

Cette variante rare du virus ne dispose actuellement ni de vaccin homologué ni de traitement spécifique.

Tedros a remercié les États-Unis et le laboratoire Gilead Sciences pour le don des doses nécessaires à l’étude, ajoutant que des détails supplémentaires seraient communiqués la semaine prochaine.

L’essai sera mené par un consortium incluant l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) du Congo, l’ONG ALIMA, l’Université d’Oxford et l’OMS.

Cette annonce intervient alors que la France a signalé son premier cas confirmé d’Ebola : un médecin humanitaire ayant contracté le virus lors d’une mission au Congo, après avoir soigné un patient atteint de la maladie alors qu’il travaillait pour l’organisation ALIMA.

« Le patient se porte bien, présente des symptômes légers et de la fièvre », a déclaré aux journalistes Abdirahman Mahamud, directeur des opérations d’alerte et de réponse aux urgences sanitaires à l’OMS.

Mahamud a précisé que les autorités françaises ont agi rapidement pour identifier et isoler le cas, et que l’évaluation du risque par l’OMS pour la France et la population mondiale « demeure faible ».

Les autorités sanitaires françaises ont indiqué qu’une enquête épidémiologique complète est en cours pour identifier les personnes ayant pu être en contact avec le patient. Celles-ci seront contactées par l’agence régionale de santé, placées en isolement à domicile pendant 21 jours et étroitement surveillées durant cette période.

Tedros a souligné que ce cas rappelle les risques encourus par les intervenants en première ligne, notant que près de 80 agents de santé ont été infectés depuis le début de l’épidémie.

Selon l’OMS, on dénombre désormais 1 094 cas confirmés d’Ebola et 277 décès au Congo.

Depuis que l’épidémie a été signalée il y a cinq semaines, la capacité de traitement est passée de moins de 10 lits à plus de 500 dans 19 centres de santé.

Parallèlement, la capacité de dépistage a été étendue, passant de 30 tests par jour à Kinshasa à plus de 2 000 tests quotidiens dans neuf laboratoires répartis sur trois provinces.

Malgré ces progrès, Tedros a averti que l’épidémie continue de progresser plus rapidement que la réponse, en raison de pénuries de financement, d’incidents de sécurité, d’un suivi des contacts insuffisant et d’un accès humanitaire limité.

L’épidémie d’Ebola, concentrée dans la province orientale de l’Ituri, s’est propagée aux zones voisines, entraînant une surveillance accrue en Ouganda en raison des craintes liées à une transmission transfrontalière.

Les responsables de la santé ont averti que l’épidémie continue de constituer une menace régionale importante, en particulier dans les zones touchées par les conflits, le déplacement de populations et la fragilité des infrastructures de santé.

L’épidémie actuelle est causée par la rare souche Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle il n’existe aucun vaccin homologué. La maladie provoque une fièvre hémorragique sévère et se transmet par contact direct avec les fluides corporels infectés.

Afriquinfos

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