315 licenciés à l’Assemblée nationale du Cameroun sans contrat

Plus de 300 employés de l’Assemblée nationale du Cameroun viennent de perdre leur poste. Selon des sources internes, environ 315 personnes travaillant depuis trois à quatre ans au sein de l’institution ont été licenciées à l’issue d’une procédure de vérification administrative conduite par la Commission de Suivi et Évaluation de la Performance des Services. Leur point commun : aucun contrat de travail formel ne couvrait leur présence dans les locaux du Parlement camerounais.

Ce que l’on sait de l’opération de contrôle

Tout part d’un message interne. Attribué à un certain Ibrahimou, rapporteur de la Commission de Suivi et Évaluation de la Performance des Services (CSEPS), ce document demandait aux responsables de structures de transmettre les listes actualisées de leur personnel et de convoquer chaque agent concerné, individuellement, devant la commission.

Les pièces demandées : diplômes originaux, curriculum vitae, actes de nomination, contrats ou décisions administratives, et, le cas échéant, actes de détachement. Un audit classique sur le papier. Mais le résultat, lui, est brutal.

315 personnes dehors.

« Hier, on a licencié environ 315 personnels qui sont là depuis quatre ans, trois ans sans contrat », confie une source proche du dossier. Ces agents exerçaient donc des fonctions régulières, quotidiennes, sans que leur situation administrative soit jamais formalisée. On peut se demander comment une telle situation a pu durer aussi longtemps dans une institution aussi centrale que le Parlement.

Une régularisation qui soulève des questions sans réponse

L’opération s’inscrit dans une tendance plus large. Ces dernières années, plusieurs administrations publiques camerounaises ont lancé des audits similaires pour nettoyer leurs effectifs et corriger des irrégularités accumulées parfois sur une décennie. C’est une réalité connue du secteur public national : des agents recrutés de manière informelle, souvent sur recommandation, finissent par occuper des postes sans jamais être intégrés dans les circuits officiels.

Pourtant, licencier sans préciser les critères retenus, c’est laisser beaucoup de monde sans explication valable.

Les circonstances exactes des départs et les raisons spécifiques ayant conduit à écarter ces 315 agents plutôt que de régulariser leur situation n’ont pas été officiellement communiquées par l’Assemblée nationale. Rien ne confirme à ce stade si des recours sont envisagés par les personnes concernées, ni si une procédure d’indemnisation est prévue.

Ce qui est sûr : une institution qui emploie des centaines de personnes pendant plusieurs années sans contrat porte une part de responsabilité dans cette situation. Le licenciement règle le symptôme. Il ne règle pas la cause.

Laurent Diby

Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l’énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.

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