Effondrement des services sociaux: les réactions fusent

Les partis d’opposition et des organismes accueillent favorablement un rapport de Kelly Lamrock qui recommande des changements fondamentaux à la façon dont le gouvernement gère ses services sociaux. Le premier ministre Blaine Higgs y réagit tièdement.

Dans son rapport «Comment tout s’est écroulé», Kelly Lamrock, le Défenseur des enfants, des jeunes et des aînés, écrit que le gouvernement du N.-B. gère ses services sociaux de façon à prioriser les économies et le respect des règles plutôt que le bien-être des personnes qui sont affectées par ces services, et ce, depuis près de trente ans.

De plus, toujours selon lui, le gouvernement n’établit pas d’objectifs clairs sur les impacts attendus de ses programmes, et n’en mesure pas les résultats.

Il y fait plusieurs recommandations pour le Bureau du conseil exécutif et le ministère des Finances dans le but de changer la façon dont le gouvernement gère ces programmes.

Le premier ministre Blaine Higgs n’a pas abordé ces recommandations dans sa réponse au rapport.

Sa réponse porte principalement sur les soins de longue durée, soit le sujet du prochain rapport de M. Lamrock, qui sera publié mercredi.

«Malheureusement, il y a eu des discussions limitées avec les dirigeants gouvernementaux et les ministres au sujet de ce qui serait compris dans ce rapport spécial. Nous prendrons le temps nécessaire pour étudier le rapport en profondeur et nous sommes persuadés que, lorsque le défenseur dévoilera le restant de son rapport plus tard cette semaine, les résultats permettront de s’attaquer aux enjeux qui touchent le secteur des soins de longue durée de manière plus complète.»

Kelly Lamrock affirme toutefois que les problèmes du système de soins de longue durée sont indissociables «d’une défaillance générale de la gouvernance et des services sociaux».

«Pourquoi est-ce que je continuerais à crier après les gens de ces ministères alors que le problème vient du fait que la structure est construite pour ne pas leur donner les ressources humaines dont ils ont besoin, ne pas les financer jusqu’à ce qu’ils soient en crise, et les récompenser quand ils atteignent leurs objectifs fiscaux, et non pas des résultats?»

De leur côté, les partis d’opposition ont salué les conclusions de M. Lamrock.

Susan Holt, chef du Parti libéral, ne s’est pas engagée à mettre en œuvre toutes les recommandations du rapport si elle parvient à former un gouvernement, mais elle affirme qu’elle appuie son idée générale.

«Nous, on va passer du temps avec ce rapport, ça va certainement avoir un impact sur la façon dont on va gouverner […] parce que c’est clair qu’on a besoin d’un changement de notre modèle de gouvernement.»

David Coon, chef du Parti vert, s’engage à mettre en œuvre les recommandations du rapport.

«Je pense maintenant que c’est plus clair qu’il y a un problème systémique au gouvernement. On doit avoir un leadership différent. C’est la raison pour laquelle je dis que mon engagement aux Néo-Brunswickois est d’assurer la transformation du gouvernement, d’assurer que leur bien-être soit central à toute décision.»

Il affirme qu’il ne croit pas que le gouvernement Higgs voudra suivre les recommandations de M. Lamrock.

Des organismes saluent le rapport

Les problèmes de priorités soulignés par Kelly Lamrock dans son rapport se reflètent sur le travail des travailleurs sociaux au quotidien, selon Miguel LeBlanc, DG de l’Association des travailleuses et des travailleurs sociaux du Nouveau-Brunswick.

«Une chose qui est très décourageante pour les travailleurs sociaux de première ligne, c’est lorsque tu sais qu’il y a certains services que les personnes que t’es en train d’aider devraient avoir, mais tu n’as pas les fonds nécessaires pour leur donner cet appui», dit-il.

M. LeBlanc affirme que le rapport démontre les «symptômes» de problèmes «systémiques» de gestion des services sociaux par le gouvernement provincial.

Stéphane Robichaud, DG du Conseil de la santé du N.-B., a aussi souligné les conclusions du rapport dans une entrevue sur un autre sujet.

«[Le contenu du rapport] ne m’a pas surpris du tout, c’est quelque chose qu’on constate ici depuis le début de nos travaux. On doit repenser comment fonctionnent nos services publics et nos services sociaux. […] Je trouve que le rapport nous amène à une conversation qui est importante sur les services publics en général.»

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