Depuis quelques mois, le gouvernement du Nouveau-Brunswick multiplie les annonces de logements sociaux et abordables. L’objectif : mettre en chantier près de 460 logements en 2026. Toutefois, un organisme de défense des droits des locataires estime que cet objectif est nettement insuffisant.
Depuis le début du mois de juillet, la province s’est rendue notamment à Moncton, Fredericton, Saint-Jean et Campbellton pour la mise en chantier de logements abordables et sociaux.
À Campbellton, il aura fallu un peu plus d’un an pour finaliser la construction de ce complexe de logements sociaux, destinés aux personnes seules non âgées. Le 10 juillet, la province a annoncé que les premiers locataires doivent déménager d’ici quelques semaines. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
En juin et juillet, le gouvernement a d’ailleurs investi dans des projets d’infrastructures d’approvisionnement d’eau et d’égout. L’objectif est de favoriser la construction de nouveaux logements
à Grand-Sault, Harvey, Sussex, St. Stephen et Grand Lake.
Notre but, cette année, c’est presque 460 nouveaux logements abordables. Avec nos annonces à travers la province, on est [persuadé d’offrir] plus d’abordabilité pour les familles d’ici
, fait valoir le ministre responsable de la Société d’habitation du Nouveau-Brunswick, David Hickey.
Vendredi, le ministre Hickey était de passage à Moncton. Cette fois-ci, c’est pour six nouveaux logements sociaux destinés aux familles dans le besoin à Moncton. C’est construit et opéré par le gouvernement du Nouveau-Brunswick. C’est [avec] notre budget capital que l’on construit ces bâtiments
, précise le ministre.

De la construction modulaire a été utilisée pour ce nouveau complexe à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Les locataires devraient emménager au cours des prochaines semaines.
Photo : Radio-Canada / Gilles Boudreau
Plus de 14 000 personnes en attente d’un logement
David Hickey convient qu’il n’y a pas assez de logements abordables et sociaux dans la province.
Il se réjouit qu’en mars dernier, son gouvernement, avec l’aide du fédéral, a annoncé un investissement total de 300 millions de dollars, afin de construire, au minimum, 1200 logements abordables d’ici 2027.
On a un autre 50 millions de dollars qui ont un focus spécifiquement sur la construction de logements publics
, précise M. Hickey.
Il n’y a pas assez de logements abordables. C’est la faute des gouvernements des 30 dernières années. Dans ma vie, on n’a pas construit de logements publics dans la province du Nouveau-Brunswick. Ç’a créé ce problème.

Le ministre responsable de la Société d’habitation du Nouveau-Brunswick, David Hickey. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach
Le ministre reconnaît que plus de 14 000 Néo-Brunswickois attendent d’obtenir un logement abordable.
Du logement social ou abordable?
Matthew Hayes est porte-parole de la Coalition des locataires du Nouveau-Brunswick.
Il explique que le logement social est à but non lucratif.
C’est du logement qui appartient au gouvernement, à une coopérative ou à une organisation à but non lucratif. Souvent, ça permet aux gens d’accéder à un logement à des prix très modiques
, indique M. Hayes.

Le porte-parole pour la Coalition des locataires du Nouveau-Brunswick, Matthew Hayes. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Tandis que le logement abordable offre, d’après M. Hayes, un loyer fixé sous le prix médian du marché. Ces appartements appartiennent à un particulier, qui peut être abordable pour un grand nombre de personnes
.
Quelqu’un qui fait 30 000 $ par année aurait besoin d’un appartement à 750 $ par mois pour que ça soit abordable. Ce type de logement n’est pas approprié pour tout le monde. Il y a des gens qui ont besoin de logements sociaux qui seraient plus subventionnés
, raconte le porte-parole.
Il estime que, chaque semaine, une trentaine de logements sont rénovés et perdent leur caractère abordable.
Les appartements les plus abordables sont en train d’être convertis vers un marché plus haut de gamme. On perd ces logements. Fréquemment, ce sont des habitations qui sont plus abordables que celles que nous subventionnons avec la stratégie du fédéral du logement
, indique-t-il.
Dans ce contexte, il croit que le Nouveau-Brunswick doit plutôt miser sur le logement social.
On a permis aux investisseurs de repositionner un grand nombre de logements qui étaient plus abordables. Il faut protéger l’abordabilité du marché privé avec des réglementations.
Dans l’attente d’un plus grand nombre de logements sociaux, il souhaite donc un resserrement
des réglementations provinciales concernant les habitations dites abordables.
Ça prend un contrôle du prix de loyers
, résume-t-il.
De son côté, le ministre David Hickey compte continuer de multiplier les annonces en lien avec les logements abordables et sociaux.
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