Coup dur pour la société civile : 118 organisations dissoutes au Burkina Faso

Le gouvernement du Burkina Faso lors d’un Conseil des ministres


Le gouvernement du Burkina Faso a engagé une profonde recomposition de son tissu associatif en annonçant la dissolution de 118 organisations opérant sur l’ensemble du territoire. Majoritairement actives dans le domaine des droits humains, ces structures se voient désormais interdites de toute activité, selon une décision officielle qui marque un tournant dans les relations entre l’État et la société civile.

Cette mesure s’inscrit dans un contexte national dominé par des impératifs sécuritaires croissants. Les autorités semblent ainsi privilégier une approche plus encadrée du fonctionnement des organisations indépendantes, dans un environnement où la lutte contre l’insécurité demeure une priorité affichée. Toutefois, l’absence de précisions publiques sur les motifs exacts de ces dissolutions alimente les interrogations quant aux critères ayant guidé cette décision.

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Au-delà de son caractère administratif, cette initiative redéfinit les marges d’action des acteurs civiques. Les associations concernées jouaient, pour beaucoup, un rôle de veille et d’accompagnement sur les questions de gouvernance, de libertés publiques et de protection des populations. Leur disparition pourrait ainsi modifier les dynamiques d’intervention sur le terrain, notamment dans les zones fragilisées.

Dans les milieux d’analyse, deux lectures se dégagent. D’un côté, certains y voient une volonté de l’État de renforcer son contrôle dans un contexte de vulnérabilité sécuritaire persistante. De l’autre, des voix s’inquiètent d’un rétrécissement de l’espace civique, susceptible d’affecter l’expression pluraliste et les mécanismes de contre-pouvoir.

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Cette décision place désormais le Burkina Faso face à un enjeu d’équilibre : concilier exigences de sécurité et préservation d’un cadre propice à l’action des organisations indépendantes. Ses effets, tant sur le plan interne qu’auprès des partenaires internationaux, devraient se mesurer dans les mois à venir.

Afriksoir

Burkina Faso : Le gouvernement dissout 118 associations et les suspend de toute activité sur le territoire national

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