La consommation des eaux de bord de route de la Martinique augmente grandement l’exposition à la chlordécone

Décliné depuis 2021, le quatrième « plan de lutte contre la pollution à la chlordécone » s’achèvera en 2027. À mi-parcours, Edwige Duclay, la directrice de projet en charge de la coordination de ce plan, a indiqué certaines recommandations en termes de consommation, afin de réduire l’exposition à cette molécule.

Des conseils qui concernent notamment les eaux de sources naturelles, dites « eaux de bords de route ». Et en cette matière, le message délivré est limpide.

Il est vraiment recommandé de ne pas les consommer. Pas seulement par rapport au sujet chlordécone, mais par rapport à d’autres pollutions comme les bactéries, les bactéries fécales qui peuvent être aussi dans ces eaux, et d’autres pesticides ou autres polluants. Même si je sais que c’est dans notre culture, il est vraiment recommandé de ne pas consommer ces eaux. En effet on peut avoir jusqu’à mille fois plus de chlordécone dans les eaux de source que dans l’eau du robinet.

Edwige Duclay

interrogée par Audrey Govindin

Une responsable qui, en outre, affiche sa lucidité sur la méfiance ressentie par un certain nombre de Martiniquais quant à la qualité de l’eau en général.

Je sais qu’il y a une défiance qui est exprimée aussi sur la qualité de l’eau du robinet. Mais d’après les résultats de l’Agence Régionale de la Santé, on a un taux de conformité de 100% en Martinique.

Pour rappel, plusieurs contrôles de la qualité de l’eau du robinet sont effectués chaque année. Ces contrôles sont réalisés par les acteurs de l’eau (exploitants, laboratoire territorial d’analyses de Martinique entre autres structures scientifiques, et Agence Régionale de Santé).


Les sources dites de « bord de route » sont prisées en période de sécheresse en Martinique.


Dans sa communication médiatique Edwige Duclay s’est donc voulue globalement rassurante, notamment sur le volet de l’alimentation et la présence de chlordécone dans le sang.

Il est possible de se décontaminer, d’éliminer naturellement la chlordécone en agissant sur l’alimentation. Les scientifiques indiquent que la chlordéconomie permet d’avoir une idée de l’exposition à la chlordécone. Mais avoir de la chlordécone dans le sang ne veut pas dire qu’on est malade ou qu’on va tomber malade. Les scientifiques nous indiquent qu’en quatre à six mois, en arrêtant la source d’exposition à la chlordécone, on peut diviser par deux son taux de chlordécone.

Une volonté de rassurer qui est également exprimée à propos des productions alimentaires, même en cas de pollution des sols. Et Edwige Duclay d’inviter les particuliers à aller aussi vers l’information sur ces sujets.

Les contrôles des denrées ont été renforcés et aujourd’hui 98% des contrôles sont conformes, mais il y a encore des efforts sur certains aliments. Pour les jardiniers il n’y a pas de contrôles faits sur les productions. En revanche, ils peuvent avoir des analyses de sol gratuites et j’invite chacun à faire ces analyses. Ensuite il y a des conseils, car on peut produire des aliments non contaminés ou sans risque de chlordécone, y compris sur des terrains pollués. Et il y a aussi un accompagnement avec la FREDON, une association qui travaille avec l’Etat.

À écouter les responsables et acteurs de ce Plan Chlordécone 4, plusieurs pistes de dépollution des sols sont explorées : « piéger » la molécule à l’aide de charbon actif ou de matière organique pour qu’elle ne soit plus absorbée par les cultures et les animaux, tenter de dégrader cette molécule grâce à des procédés chimiques ou microbiologiques, etc. Des recherches qui selon les scientifiques nécessitent encore du temps, avant qu’elles puissent être pleinement efficaces et déployées à grande échelle.


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