Jonathan Salamon raconte « les plus belles années de ma vie » en Amérique du Sud

 

En 2013, à 19 ans et alors qu’il est étudiant, Jonathan Salamon commence à voyager pendant ses vacances. Il découvre Couchsurfing, une plateforme communautaire de voyage qui met en relation des voyageurs avec des habitants locaux prêts à les héberger gratuitement chez eux. « J’ai bénéficié d’une époque un peu dorée pour faire ça. C’était vraiment l’âge d’or du Couchsurfing à l’époque. C’était une fenêtre qui a duré 7-8 ans. J’ai fait des centaines de rencontres grâce à ça. » Il explique que la plateforme a bien changé depuis. L’arrivée d’un nouveau mode de voyage est apparue : Airbnb. « Airbnb a tout tué. C’est triste ».  

Après ses études, Jonathan Salamon enchaîne deux emplois en tant qu’architecte. En 2013, après presque un an, ses employeurs lui proposent un CDI. Bien que la proposition soit tentante, ce travail l’ennuie. Le rêve d’étudiant de Jonathan revient sur la table : faire le tour du monde. À 25 ans, il se dit que c’est le bon moment. Il profite de plusieurs bons plans, prix réduits sur les vols Ryanair et la plateforme Couchsurfing fournissant un logement gratuit et il se lance à l’aventure. « Je pense que j’ai vécu ce que beaucoup de jeunes vivent une fois qu’ils ont leur diplôme : ils sont pressés, ils ont un peu la pression de trouver leur premier boulot et une fois qu’ils l’ont, ils rentrent dans une sorte de système duquel il est dur de sortir. » 

Après quelques mois d’économies et de nombreuses parties de poker pour se constituer une bankroll de départ, il s’envole pour Rio, première destination de son voyage.  « J’ai gagné pas mal d’argent pendant ma préparation et tout s’est goupillé comme ça. J’avais un petit pécule de départ et je me suis dit : “Bon si je le perds, je rentre en France et si ça marche, je continue”. » 

 

 

 

 

Du Brésil à la Colombie, une première année sur les routes enrichissante 

En quête d’aventure, de vie et de mouvement, Jonathan s’envole pour Rio, connu pour être une ville festive : « Le Brésil est le pays qui m’est venu un peu tout de suite. »  

Le Brésil fait partie d’un des moments préférés de son voyage, entre les premières parties de poker, la fête et les premières rencontres marquantes. Après plusieurs semaines au Brésil, il poursuit son aventure en Argentine, pays qui ne lui est pas inconnu. Le père de Jonathan Salamon est argentin et une partie de sa famille vit là-bas. Arrivé en Argentine, son voyage prend une tout autre tournure. Il obtient un permis de moto et s’achète une Leopard Yes 150 cc. À partir de là il voyagera dans toute l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et arrivera à Las Vegas à bord de ce deux-roues surnommé Parkinson. « Je me souviens de paysages dans le nord de l’Argentine, c’est magnifique. Le sud de la Bolivie, c’est magnifique aussi. Je me rappelle des étapes où je faisais des journées de route en croisant cinq ou six camions en une journée sur des pistes peu agréables, c’était hyper excitant surtout que j’étais un débutant en moto. C’était incroyable. »

 

 « C’est l’Amérique du Sud qui m’a retenue. Je suis arrivé là-bas et ensuite j’ai eu du mal à repartir.»  

 

Jonathan Salamon lors de son voyage en Amérique du Sud
Jonathan Salamon lors de son voyage en Amérique du Sud 

 

Au fil de son épopée, il rencontre des difficultés liées à la météo sur les routes. Sa moto Parkinson n’a pas décidé de lui faciliter la tâche non plus. Jonathan Salamon doit aussi régulièrement dire des au revoir difficiles aux personnes rencontrées sur son chemin. « J’étais tombé amoureux d’une colombienne et je suis resté 6 mois en Colombie parce que j’étais avec elle. J’ai dû partir, je suis resté littéralement jusqu’à la limite légale de 6 mois, donc 180 jours. Je suis parti le 180e jour, j’étais obligé. » 

 

Lors de la deuxième année de son voyage, Jonathan Salamon remonte l’Amérique centrale.  « J’ai traversé le Panama, le Costa Rica, le Nicaragua, le Guatemala, le Mexique où je suis resté un petit moment. » Entre la Colombie et le Panama, il est possible de traverser par bateau ou par avion. « La frontière Colombie-Panaméenne s’appelle le tampon de Darién et c’est une sorte de jungle quasiment impénétrable. » Décidant de traverser en bateau avec Parkinson, Jonathan Salamon se retrouve bloqué par une tempête d’une semaine sur une île de l’archipel de Kuna. Il rencontre alors des jeunes panaméens de son âge et déclare que c’est l’un de ses meilleurs souvenirs. 

 

Jonathan Salamon lors de son voyage en Amérique du Sud
Jonathan Salamon lors de son voyage en Amérique du Sud 

 

Les opportunités du poker 

Jonathan Salamon a documenté tout son périple sur un blog et sur Facebook. Il a cumulé de nombreux lecteurs et son voyage est devenu connu parmi la communauté des joueurs de poker. « Faire un voyage avec une thématique ouvre mille fois plus de portes que de juste partir avec une valise et espérer qu’il va se passer quelque chose. » 

Un mois après le “Broke” (signifie au poker que le joueur à presque tout perdu) en Colombie, Jonathan est sponsorisé par “Everest” – une marque de poker qui n’existe plus aujourd’hui – mais qui lui a permis de continuer son voyage. « J’ai eu des parties qui se sont très bien passées, cela a créé beaucoup d’intensité au sein du voyage. J’ai vécu des hauts et beaucoup de bas, qui étaient assez intenses. C’est cool car j’avais envie de vivre ces émotions à l’époque. » 

 

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Jonathan Salamon lors de son voyage en Amérique du Sud
Jonathan Salamon lors de son voyage en Amérique du Sud 

 

La fin de son voyage s’est terminée à Las Vegas de manière assez symbolique. « Je suis arrivé aux États-Unis en juin 2015 dans le sud via la frontière mexicaine et évidemment, quelle meilleure ville pour finir un voyage de poker que Las Vegas. Je suis arrivé en juillet et c’était les Championnats du monde comme tous les ans à cette période de l’année ».  Le montant de départ pour participer est de 10 000 dollars américains. Jonathan a bénéficié d’un modèle angel, un donateur pour financer sa participation. « Je n’avais pas l’argent du tout pour l’acheter et j’ai posté sur ma page Facebook à l’époque : “Les gars, j’ai envie de participer, est-ce que vous voulez m’aider ?” Un joueur de poker connu dans le milieu m’écrit et me dit : “Je te finance”. Nous discutions depuis un moment, il appréciait mon voyage et, pour lui, 10 000 dollars ce n’était pas énorme. Nous avons fait ce que nous appelons en poker, un stacking. C’est assez courant : vous financez un joueur et en échange – s’il gagne – il vous rembourse le pourcentage du financement. J’ai perdu et je suis rentré en France. » Un voyage qui se termine sur une défaite mais assis à l’une des tables les plus mythiques au monde dans le milieu du poker. 

« Je dirais au Jonathan de 25 ans que je l’envie. J’aimerais bien revenir dix ans en arrière et revivre ça pour la première fois parce que ce sont encore aujourd’hui les années les plus intenses et les plus belles que j’ai vécues de ma vie. »  

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