Les acteurs économiques de Guadeloupe réclament au préfet la « réouverture immédiate de la carrière » de Deshaies

L’Union des Entreprises de Guadeloupe, la CCI et la FRBTP « se mobilisent pour soutenir l’économie de la Guadeloupe » et obtenir la « réouverture immédiate de la carrière » de Deshaies, fermée par décision judiciaire, depuis le 15 janvier.


Ils demandent une réouverture de la carrière de Deshaies afin « d’éviter une catastrophe économique et sociale pour la Guadeloupe ». Bruno Blandin, président de l’Union des Entreprises de Guadeloupe (UDE-MEDEF), Patrick Vial-Collet, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie des Îles de Guadeloupe (CCI-IG) et José Gaddarkhan, président de la Fédération Régionale du Bâtiment et des Travaux Publics (FRBTP), dans un communiqué commun, demandent au préfet de prendre « un arrêté urgent » et ainsi permettre « la reprise de l’activité avant fin février ».

La carrière de Deshaies, exploitée par la Société Antillaise De Granulats (SADG), est à l’arrêt pour au moins 2 mois, sur décision du Tribunal judiciaire de Basse-Terre, depuis le 15 janvier 2025.
Cette fermeture fait suite à un glissement de terrain qui s’est produit le 3 décembre dernier, dans la zone de Savane Paille, sur les hauteurs de Deshaies. Une coulée de terre qui a emporté la chaussée, plusieurs habitations ainsi qu’un gîte touristique. En tout, plus de 150 000 m³ de terre ont dévalé la montagne.

Pour l’heure, la responsabilité de l’entreprise n’a pas été établie. Un expert indépendant désigné par le tribunal judiciaire de Basse-Terre, a achevé son enquête sur le terrain, le 14 février dernier. Son rapport est attendu.

Avant la décision judiciaire, les acteurs du BTP avaient déjà exprimé leur inquiétude, confrontés à des difficultés d’approvisionnement en granulats, notamment. José Gaddarkhan alertait déjà sur la fragilité des entreprises du secteur. Il renouvelle sa mise en garde.

La situation de la carrière est extrêmement préoccupante, elle menace l’ensemble de la filière du BTP et, plus largement, l’ensemble de l’économie Guadeloupéenne. La carrière doit pouvoir reprendre une activité, même partielle, au plus vite, avant qu’il ne soit trop tard.

José Gaddarkhan, président de la FRBTP de la Guadeloupe

Les entreprises de construction et les transporteurs d’agrégats doivent faire face à des surcoûts considérables liés à l’importation, explique le courrier, alors qu’elles sont déjà fragilisées par des crises successives. Bruno Blandin explique la demande formulée au préfet en mettant en avant l’urgence de la situation.

Nous nous mobilisons depuis plusieurs semaines afin d’alerter de l’impact de cette décision sur les projets structurants de notre île (aéroport, CHU, routes, etc.) et le coût exorbitant des solutions alternatives. Nous exigeons la réouverture de la carrière avant la fin du mois de février 2025, afin de ne pas fragiliser, davantage, l’économie guadeloupéenne. »

Bruno Blandin, président de l’UDE-MEDEF de la Guadeloupe

La carrière de Deshaies, la plus importante de la région, alimente divers chantiers, y compris des infrastructures publiques telles que les routes, l’aéroport ou encore le futur CHU, rappellent les acteurs économiques dans leur communiqué.

Patrick Vial-Collet, président de la CCI-IG, estime qu’il est important de préserver les ressources locales.

Nous avons la chance de pouvoir bénéficier de ressources locales qui nous profitent tant pour l’emploi que pour le développement de la Guadeloupe, nous ne pouvons pas la gâcher. »

Patrick Vial-Collet, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie des Iles de Guadeloupe

Pour eux, son arrêt impacte les 42 employés de la SADG, mais également « un millier d’emplois indirects », désormais menacés.

D’où cette demande, plus d’un mois après sa fermeture, d’une « réouverture immédiate de la carrière ». Au moins avant le 28 février. Passé cette date, la SADG ne pourrait plus « supporter les coûts de cet arrêt » et serait contrainte « à prendre une décision radicale aux conséquences irrévocables ».

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