Oumar Mariko, président du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI) et opposant en exil aux autorités maliennes de transition, s’est rendu clandestinement au Mali pour rencontrer dix-sept otages maliens détenus par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. L’information a été confirmée par l’intéressé lui-même lors d’une intervention sur France 24.
Une infiltration en zone de conflit
Sous le coup de plusieurs procédures judiciaires au Mali, Mariko a franchi clandestinement la frontière pour accéder à des zones disputées entre les Forces armées maliennes (FAMa) et le JNIM. Une vidéo, qualifiée d’exclusive par le média qui l’a diffusée, le montre aux côtés de combattants armés du groupe jihadiste. Le JNIM impose depuis plusieurs mois un blocus sur les axes d’approvisionnement en carburant, affectant l’économie malienne jusqu’aux abords de Bamako.
Les dix-sept otages rencontrés par Mariko seraient des civils maliens détenus depuis une période indéterminée. Leur existence n’avait pas été officiellement reconnue par les autorités maliennes.
Une image qui soulève des questions
La démarche humanitaire revendiquée par Mariko se heurte à la force des images diffusées. Sur la vidéo, l’opposant apparaît souriant, visiblement détendu, aux côtés de combattants en tenue militaire. Cette posture, quelle qu’en soit l’explication, complique sa propre communication : pour une partie de l’opinion malienne et internationale, la scène peut difficilement se lire comme une simple visite de compassion.
Mariko dispose pourtant d’un historique assumé dans ce domaine. Il avait déjà rencontré Iyad Ag Ghaly, fondateur du JNIM, à plusieurs reprises depuis 1991, dont en 2012 à Niafunké dans le cadre de négociations avec les groupes armés du nord du Mali.
Les otages civils, angle mort du conflit
Le cas de ces dix-sept détenus rappelle que des civils maliens restent aux mains de groupes armés sans que leur situation ne soit publiquement documentée. Mariko n’a pas précisé la suite qu’il entend donner à sa démarche, ni si des contacts ont été établis avec des médiateurs extérieurs en vue d’une éventuelle libération.
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