Après plus de 50 ans de carrière, Ebo Taylor est mort le samedi 7 février 2026, le lendemain du lancement du festival de musique qui porte son nom à Accra et un mois après avoir fêté son 90e anniversaire ont annoncé ses proches sur le compte instagram de l’artiste. Véritable légende de la musique ouest-africaine, le compositeur, guitariste et chanteur ghanéen Ebo Taylor fut l’un des grands artisans de l’évolution de cette musique militante, née de la fusion des rythmes africains, des big bands américains et des sons caribéens comme le calypso. Un cocktail afro-groove puissant, élaboré à son retour de Londres, que l’artiste va continuer de faire évoluer pendant plus de cinquante ans. Comme d’autres artistes d’Afrique de l’Ouest de sa génération, il a connu une carrière internationale tardive, grâce notamment aux label Strut et Mr Bongo. L’année dernière, les producteurs Adrian Younge et Ali Shaheed Muhammad lui ont rendu hommage sur le 22e volume de leur collection Jazz Is Dead.
Né en 1936 à Cape Coast, dans la colonie britannique de la Côte-de-l’Or, qui deviendra le Ghana en 1957, Deroy Ebow Taylor prend ses premières leçons de musique avec son père, professeur et pianiste. Très jeune, il s’intéresse à la guitare électrique et, influencé par le trompettiste E.T. Mensah, il rejoint plusieurs groupes locaux de highlife, une musique populaire et militante qui a porté les messages de liberté et d’indépendance du pays. C’est donc dans un Ghana post-colonial qu’Ebo Taylor fait ses débuts et se fait vite un nom, notamment au sein du Broadway Dance Band. En 1962, il décide de partir Londres pour étudier la composition à la Eric Guilder School of Music.
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Déjà inspiré par le jazz des guitaristes Kenny Burrell ou Wes Montgomery, Ebo Taylor découvre dans les clubs de Londres la nouvelle scène jazz ainsi que la ferveur du funk. Avec son colocataire Fela Kuti, il élabore un nouveau discours musical moderne et panafricain tout en conservant l’identité du highlife. Le Black Président donnera naissance à l’afrobeat au Nigeria après un voyage aux États-Unis, tandis qu’Ebo Taylor revient en 1965 au Ghana avec sa fusion afro-funk électrique. Il peaufine sa musique en tournée dans les pays voisins avant de sortir son premier album en 1973 sur le label de Dick Essilfie-Bondzie : Essiebons, dont il devient vite l’arrangeur maison.
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Dans les années 70 et 80, le guitariste va enregistrer une série d’albums solo qui vont faire sa gloire, comme avec le single Heaven, n’hésitant pas à intégrer l’afrobeat ou le disco dans sa musique. Il publie un album avec Pat Thomas en 1984, puis se consacre principalement à la production de nombreux artistes. Pressés à peu d’exemplaires, ses disques n’ont pourtant pas connu le succès international de Fela Kuti jusqu’aux années 2000, quand le label londonien Strut Records produit, en 2010, l’album Love and Death, avant de rééditer, comme le label Mr Bongo, plusieurs de ses anciens albums. Ebo Taylor va alors connaître une seconde carrière, se produisant sur les scènes de la planète entière.
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