Le Cameroun s’engage dans un vaste chantier de modernisation du corridor routier Douala-Bangui, un axe stratégique de près de 800 kilomètres sur son territoire, essentiel aux échanges commerciaux avec la République centrafricaine et, plus largement, à l’intégration économique de l’Afrique centrale. Selon le ministère camerounais des Travaux publics, l’État recherche près de 890 milliards de FCFA, (environ 1,6 milliard USD) pour financer la réhabilitation complète de cette infrastructure.
Conçu comme un programme structurant, le projet vise à réduire les coûts d’exploitation des transporteurs, raccourcir les temps de parcours et améliorer la sécurité routière. Il ambitionne également de désenclaver les localités traversées, d’améliorer les conditions de vie des populations riveraines et de stimuler l’activité économique locale.
La première phase, prévue à partir de 2027, constitue le socle du programme. Chiffrée à 425 milliards de FCFA (environ 762 millions USD), elle prévoit la reconstruction de l’axe Yaoundé-Douala, en priorité sur les tronçons les plus dégradés et les plus fréquentés, la construction d’un second pont sur la Dibamba, ainsi que la remise à niveau de la section Yaoundé–Ayos–Bonis–Bertoua–Garoua-Boulaï. Cette phase inclut aussi des réformes liées à l’entretien routier et au contrôle de la charge à l’essieu, ainsi que les études préparatoires de la phase suivante. Pour son financement, le gouvernement compte sur des partenaires comme la Banque mondiale, l’Agence française de développement (AFD), l’Union européenne (UE) et la Banque européenne d’investissement (BEI).
La deuxième phase, attendue à partir de 2028, mettra l’accent sur l’organisation logistique du corridor. Elle vise la facilitation du commerce, la fluidification des passages frontaliers, la baisse des coûts de transport et le renforcement du cadre institutionnel, tout en préparant une participation accrue du secteur privé. Son financement reste partiellement à finaliser, même si près de 301 milliards de FCFA (environ 540 millions USD) pourraient être mobilisés auprès de la Banque mondiale, avec l’appui envisagé de la Banque islamique de développement.
Enfin, la troisième phase, programmée pour 2031 et estimée à 164 milliards de FCFA (près de 295 millions USD), doit achever la remise à niveau du corridor et en faire un véritable levier de développement local. Elle ciblera notamment les chaînes de valeur agricoles et logistiques, l’émergence de pôles économiques et l’attraction d’investissements privés, consolidant ainsi le rôle du corridor Douala-Bangui comme artère vitale de l’économie régionale.
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