La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté revient sur la dernière visite de l’autorité administrative à la maison d’arrêt de Strasbourg. Elle déplore l’inertie des pouvoirs publics à agir pour protéger la dignité des personnes détenues et appelle les associations locales à se saisir de ce nouveau rapport pour le porter devant les tribunaux.
Margaux Delanys
Depuis bientôt six ans, Dominique Simonnot est la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), une autorité administrative indépendante chargée de veiller au respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté. Ancienne journaliste pour Libération et le Canard enchaîné, celle qui a été chroniqueuse judiciaire raconte avoir passé ses vingt-huit années dans la profession à suivre les comparutions immédiates et, chaque année, à faire le tour des prisons.
Dans un entretien accordé à Rue89 Strasbourg, elle revient sur le nouveau rapport de visite de la maison d’arrêt de Strasbourg, déplorant le manque de courage politique pour allouer plus de moyens pour les prisons. Sous-dotée, la maison d’arrêt de Strasbourg s’est vu accorder 3,8 millions d’euros en 2025, il en faudrait 5 à 6 millions selon le CGLPL. Si Dominique Simonnot salue le travail admirable des médecins, professeurs et bénévoles qui œuvrent à rendre tolérable la détention, elle dénonce l’inaction de la préfecture du Bas-Rhin, notamment face au risque d’incendie auquel est dangereusement exposé l’établissement pénitentiaire. Plusieurs départs de feu ont eu lieu entre 2025 et 2026 et en juin 2025, Serge Meckes décédait suite à un incendie dans sa cellule.
Rue89 Strasbourg : Dans ce nouveau rapport, beaucoup d’observations faites lors du dernier passage de vos services en 2017 sont toujours valables en 2025. Comment l’expliquer ?
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