À première vue, rien ne distingue ce transformateur électrique de Roffiat des autres équipements techniques disséminés dans la commune de Batz-sur-Mer. Pourtant, sous la bombe d’Aero, il s’est métamorphosé en une fresque à ciel ouvert, racontant l’histoire et l’âme du territoire.
Artiste peintre autodidacte, Aero revendique un parcours singulier. Issu du graffiti des années 1990, il fait d’abord ses armes dans le travail de la lettre, avant d’évoluer progressivement vers un style figuratif et réaliste. J’ai commencé par l’animalier, puis je me suis dirigé vers le portrait humain
, explique-t-il.
Avant de se consacrer pleinement à la peinture, Aero a mené une carrière de cuisinier, dont quinze ans comme chef. Un parcours professionnel dense, qui nourrit aujourd’hui son approche artistique. Installé de nouveau en métropole depuis 2016, il développe une écriture visuelle singulière : des portraits photo-réalistes mêlés à des paysages, des scènes de vie et des éléments directement liés à l’environnement du mur qu’il investit.
La bombe aérosol, son outil depuis trente ans
La fresque de Roffiat s’inscrit dans une commande municipale visant à redonner une identité esthétique aux transformateurs électriques. Après une première intervention réussie à la station de relevage de Kervalet, l’artiste poursuit ici son exploration du patrimoine local. Le thème choisi : les paludiers d’antan, figures emblématiques du territoire.
Techniquement, Aero reste fidèle à ses origines : la bombe aérosol est son outil de prédilection depuis près de trente ans. Pour cette œuvre, il opte pour une palette en nuances de gris, sans noir ni blanc pur. Un choix assumé, inspiré de photographies d’époque, qui confère à l’ensemble une dimension intemporelle et « vintage ». Cette approche permet également de respecter les contraintes architecturales imposées par les Bâtiments de France.
Sur les différentes faces du transformateur, le regard se promène entre scènes de travail, portraits d’hommes et de femmes en tenue traditionnelle, et compositions en double exposition où apparaissent notamment des salorges en arrière-plan. Chaque détail participe à une narration visuelle délicate, entre mémoire et création contemporaine.
Au-delà de l’esthétique, c’est bien une démarche de valorisation du patrimoine qui est à l’œuvre. En transformant ces infrastructures techniques en supports artistiques, Aero inscrit durablement son travail dans le paysage et dans l’histoire locale.
Contact : Insta : @creaero ; FB : aerourbanpainter
Crédit: Lien source

