Notre mode de vie implique une consommation insoutenable des ressources de la planète et les Canadiens ont une empreinte écologique tout simplement « démesurée », constate une nouvelle étude scientifique publiée ce mercredi, à l’occasion du Jour de la Terre.
L’étude, pilotée par des chercheurs de l’Université York et de l’Université d’Islande, conclut que « notre civilisation utilise les ressources naturelles à un rythme équivalent à 1,7 Terre par année, nous plaçant ainsi devant un déficit écologique de 70 % ».
L’« empreinte écologique » calculée par les chercheurs est une mesure qui permet d’estimer la surface terrestre et maritime nécessaire, sur une base annuelle, pour satisfaire notre consommation, notamment alimentaire, et gérer les déchets qui découlent de notre mode de vie.
À ce chapitre, Eric Miller, professeur en économie écologique et en informatique de la durabilité à l’Université York, et directeur de l’Initiative de l’empreinte écologique, souligne que les Canadiens génèrent une « empreinte écologique démesurée », donc insoutenable pour assurer un avenir viable à la planète. « Il n’y a pas d’autre façon de le dire : l’empreinte écologique du Canada limite les chances des populations ailleurs dans le monde de mener une vie de qualité », résume M. Miller.
Empreinte des exportations
Selon les conclusions des travaux des scientifiques publiées ce mercredi, le Canada se classe au huitième rang mondial pour la consommation par habitant. En 2025, chaque Canadien a utilisé en moyenne 6,6 hectares globaux, soit environ quatre fois le niveau durable de la capacité des écosystèmes de la planète et le double de pays comme la Chine ou le Royaume-Uni.
Une part du problème au Canada provient de l’empreinte écologique de nos exportations, principalement les produits alimentaires et forestiers, souligne Eric Miller. Selon ses calculs, chaque dollar d’exportation canadienne a nécessité deux fois plus de ressources naturelles que chaque dollar d’importation, et 60 % de l’empreinte domestique du Canada a été exportée pour la consommation d’autres pays.
Si les Canadiens ont un mode de vie et une économie dommageables pour la planète, ils ne sont pas les seuls. L’étude universitaire insiste donc sur la nécessité, pour l’humanité, de réduire son empreinte écologique. « Pour que le monde atteigne la carboneutralité d’ici 2050, l’humanité doit réduire son empreinte écologique globale d’au moins 59 % au cours des 25 prochaines années », résume-t-il.
Empreinte des Québécois
Par ailleurs, notre modèle économique « linéaire », basé sur une surconsommation des ressources, transgresse les limites environnementales planétaires, constatait en 2024 un document publié par RECYC-QUÉBEC et qui invitait à mettre en œuvre différents principes afin de réduire notre empreinte matérielle.
Initiée par la société d’État et produite en collaboration avec l’organisme international Circle Economy, l’étude met l’accent sur le caractère non durable de l’économie québécoise. « Même si la province canadienne est renommée pour ses vastes forêts et sa production d’électricité presque entièrement renouvelable, la consommation d’eau et d’autres ressources est exceptionnellement élevée, et l’utilisation du vélo reste relativement faible », peut-on y lire.
Dans l’ensemble, le Québec est responsable d’« une importante empreinte matérielle » de 271 millions de tonnes de ressources par année, soit 32 tonnes par habitant, « ce qui dépasse largement la moyenne à l’échelle mondiale ».
Cette réalité découle, selon l’étude, du fait que « la province a un niveau de circularité relativement faible » puisqu’à peine 3,5 % de l’économie sont considérés comme étant circulaires, donc liés à un système de production de consommation visant à optimiser l’utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de vie d’un bien ou d’un service.
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