Kemi Seba, une figure aussi suivie que contestée

L’image a fait le tour des réseaux sociaux avant même d’être confirmée par les chancelleries. Kemi Seba n’est plus libre de ses mouvements. Interpellé en Afrique du Sud, il est réclamé par son pays d’origine. Le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), a confirmé lundi (20.04) qu’il préparait une demande d’extradition de l’influenceur panafricaniste. Visé par un mandat d’arrêt international émis par le Bénin pour apologie de crime contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion, Kemi Seba reste en détention jusqu’à l’examen d’une demande de libération sous caution le mercredi 29 avril. Le Bénin l’accuse d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre dernier.

Pour Aristide Kanoussou, analyste politique, le temps du débat d’idées a laissé place à celui des comptes à rendre.

 » Quand un homme de son niveau d’influence passe son temps à appeler à la défiance, à l’agitation et à la remise en cause de l’ordre républicain, il finit forcément par rencontrer la justice. À mes yeux, nous ne sommes plus dans le débat d’idées, mais dans la responsabilité pénale. Le Bénin a le droit de se protéger et la loi doit s’appliquer à tous, sans exception », estime l’analyste politique.

Des zones d’ombre autour de son interpellation

La police sud-africaine accuse Kemi Seba d’avoir voulu passer illégalement, avec son fils, au Zimbabwe, via le fleuve Limpopo qui sépare les deux pays. Pour l’expert en gouvernance, Joël Atayi Guèdègbé, Kemi Seba va devoir expliquer pourquoi, alors qu’il possède un passeport diplomatique délivré par le Niger, celui-ci aurait voulu passer au Zimbabwe.

 » Il va falloir expliquer comment on se retrouve sur les rives du Limpopo, de manière clandestine. Qu’on soit muni d’un passeport diplomatique ou pas, il y a des questions qui fâchent et auxquelles il faut pouvoir répondre, sans tomber sous le coup de la loi. C’est à cette aune-là qu’il faut simplement attendre que les choses se dénouent. « 

Né Franco-Béninois, Kemi Seba a été déchu de sa nationalité française en 2024. Il possède un passeport diplomatique nigérien.Mahamadou Hamidou/REUTERS

Niamey au cœur des équilibres géopolitiques

Kemi Seba est devenu l’un des visages médiatiques de l’Alliance des États du Sahel. Le livrer au Bénin reviendrait à faire taire une voix stratégique pour ces régimes. Amzath Abdoulaye, analyste géopolitique, doute d’un abandon de l’activiste par ses alliés.

 » Est-ce que le Niger va lâcher Kemi Seba ? Je ne pense pas… La voix de Kemi Seba, ça les aide depuis qu’il est sous leur giron. Je ne suis pas certain qu’ils puissent le lâcher parce qu’ils ont besoin de lui. C’est une voix forte, qui a une forte communauté, influente sur les réseaux sociaux. L’autre chose à prendre en compte, c’est que Kemi Seba jouit des bonnes grâces de tous les présidents au sein de l’AES « , ajoute Amzath Abdoulaye.

L’éventuelle extradition prochaine de Kemi Seba promet, quoi qu’il en soit, un procès inédit à Cotonou.

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