La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a tenu, lundi 20 avril 2026 à Cotonou, la deuxième audience dans le dossier du commissaire de police Delcoz Kindjanhoundé, poursuivi notamment pour incitation à la rébellion. La séance, qui n’a duré que quelques minutes, a été marquée par le dépôt d’une note écrite du prévenu avant le renvoi de l’affaire au 15 juin 2026.
Selon le compte rendu de l’audience rapporté par le média Libre Express, l’officier de police, appelé à la barre, n’a pas développé oralement ses arguments. Il a transmis à la juridiction un document dans lequel il revient sur les motivations de la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et à l’origine des poursuites.
Une note écrite versée au dossier
Dans cette note, Delcoz Kindjanhoundé explique les raisons qui l’ont conduit à réaliser la vidéo dans laquelle il critique les autorités et appelle à une mobilisation contre le président Patrice Talon. Le contenu détaillé de ce document n’a pas été exposé à l’audience. Le dossier a été renvoyé afin de permettre au ministère public de prendre connaissance de cette pièce et de formuler ses observations ainsi que ses réquisitions. La prochaine audience est fixée au lundi 15 juin 2026.
Lors de sa première comparution, le 9 février 2026, le commissaire avait plaidé non coupable des faits retenus contre lui. Il est poursuivi pour incitation à la rébellion, incitation à la haine et détention illégale d’armes à feu.
Des déclarations contestées par le parquet
Devant la CRIET, le prévenu avait reconnu être l’auteur de la vidéo, tout en affirmant avoir agi en tant que citoyen. « J’ai appelé le peuple béninois à une révolution démocratique », avait-il déclaré à la barre, une position qui avait suscité des interrogations du ministère public sur la compatibilité de cette démarche avec son statut d’agent des forces de sécurité.
Interrogé sur le fait d’apparaître en uniforme dans cette séquence, il avait apporté des éléments de réponse avant d’évoquer les circonstances ayant motivé son intervention publique. Il avait notamment mentionné son déploiement dans le nord du Bénin dans le cadre des opérations de lutte contre le terrorisme, indiquant avoir été marqué par les pertes enregistrées sur le terrain. Il affirmait également avoir adressé plusieurs correspondances à sa hiérarchie sans obtenir de suite.
Une procédure déclenchée après une vidéo virale
L’affaire trouve son origine dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, dans laquelle le commissaire s’en prend aux institutions et critique la gestion de la lutte contre le terrorisme. Dans cette intervention, il évoquait la possibilité d’actions futures sans en préciser la date. Ces propos ont rapidement circulé en ligne, conduisant à son interpellation par la Police républicaine puis à son placement en détention préventive.
La CRIET, juridiction spécialisée créée par la loi n°2018-13 du 2 juillet 2018, est compétente pour connaître des infractions économiques et des actes assimilés au terrorisme, y compris certaines infractions liées à la sûreté de l’État. La suite de la procédure est attendue à l’audience du 15 juin 2026, au cours de laquelle le ministère public devrait présenter ses réquisitions.
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