Au lendemain de l’élection présidentielle au Bénin, Dr Finagnon André Gaga, expert en gouvernance universitaire, a rendu publique une contribution appelant à recentrer les priorités nationales sur l’emploi des jeunes. Dans ce texte diffusé après la proclamation des résultats, l’universitaire félicite le président élu Romuald Wadagni et salue la conduite du scrutin, avant d’insister sur la nécessité d’engager rapidement des réformes structurelles.
L’auteur évoque une étape politique désormais franchie et estime que l’attention doit se porter sur les enjeux économiques et sociaux. Il souligne que la question de l’insertion professionnelle des jeunes constitue, selon lui, un défi majeur pour le prochain mandat.
Un diagnostic centré sur l’inadéquation formation-emploi
Dans sa contribution, Dr Finagnon André Gaga met en avant une situation caractérisée par un nombre croissant de diplômés confrontés à un marché du travail limité. Il attribue cette réalité à un système éducatif qu’il juge encore éloigné des exigences économiques.
L’universitaire pointe notamment la prédominance des formations théoriques et le faible développement des filières techniques et professionnelles. Il identifie également un déficit de passerelles entre les établissements de formation et les entreprises, ainsi qu’un manque d’encadrement de l’entrepreneuriat des jeunes.
« Le temps de la confrontation est passé », écrit-il, appelant à orienter les efforts vers des solutions concrètes. Il considère que le modèle actuel atteint ses limites et nécessite des ajustements pour répondre aux besoins du marché. Selon les données de la Banque mondiale, le taux de chômage des jeunes en Afrique subsaharienne reste élevé, avec une forte proportion de jeunes en situation de sous-emploi, ce qui renforce les préoccupations soulevées dans cette contribution.
Des propositions axées sur la professionnalisation
Dr Finagnon André Gaga avance plusieurs pistes de réforme. Il propose notamment le renforcement des lycées techniques et des écoles de métiers, ainsi que l’introduction de stages dès le cycle secondaire. L’alternance entre formation académique et immersion en entreprise figure également parmi les mesures préconisées.
L’expert évoque la création d’incubateurs et d’entreprises-écoles pour rapprocher les apprenants du monde professionnel. Il identifie plusieurs secteurs comme porteurs d’emplois, notamment l’agriculture, l’industrie, le numérique et le tourisme.
Parmi les autres mesures proposées figurent la mise en place de dispositifs de jobs étudiants encadrés et le développement de pôles universitaires orientés vers l’employabilité. Il insiste aussi sur la nécessité d’un environnement scolaire sécurisé, condition qu’il juge indispensable à la réussite des réformes.
Appel à une mobilisation autour des nouvelles autorités
Au-delà des orientations techniques, Dr Finagnon André Gaga appelle à une mobilisation des compétences nationales. Il invite les acteurs publics, privés et la diaspora à contribuer aux politiques publiques, notamment à travers la création d’une plateforme dédiée aux contributions citoyennes.
Cette proposition vise à structurer la participation des experts et à canaliser les initiatives autour des priorités nationales telles que l’éducation, l’emploi et l’innovation. Dans un contexte marqué par l’installation prochaine des nouvelles autorités, cette prise de position intervient alors que les attentes sont fortes sur les questions d’insertion professionnelle. Le prochain gouvernement devra notamment définir les orientations en matière de politique d’emploi et de formation, attendues dans les premières phases du mandat présidentiel.
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