La nuit restera gravée dans les mémoires congolaises. Après un match irrespirable face à la Jamaïque, la République démocratique du Congo a validé son billet pour la Coupe du Monde 2026 au terme d’une prolongation étouffante, conclue par une délivrance signée Axel Tuanzebe. Pendant plus de cent minutes, les Léopards ont buté sur une défense solide et un Andre Blake vigilant, malgré les tentatives répétées de Cédric Bakambu, Meschack Elia ou encore Edo Kayembe. Il aura fallu un corner et une détermination sans faille pour faire basculer le destin d’un peuple qui attendait ce moment depuis 52 ans. Ce succès arraché dans la douleur vient récompenser un parcours courageux, marqué notamment par des victoires contre le Cameroun et le Nigéria lors des barrages africains. À des milliers de kilomètres de Guadalajara, toute une nation a vibré à l’unisson. À Kinshasa, il était près d’une heure du matin lorsque le but libérateur a déclenché une explosion de joie immédiate. Dans les rues, les klaxons ont retenti, les chants ont envahi la nuit et les corps se sont mis à danser sous une pluie battante. De la place Royale aux quartiers populaires, la liesse s’est propagée comme une onde de choc, transformant la capitale en une immense fête à ciel ouvert. Les supporters, épuisés par la tension, ont laissé éclater une émotion brute, entre cris, larmes et embrassades, conscients d’assister à un moment historique qu’ils n’avaient jamais connu auparavant.
Le caractère exceptionnel de l’événement s’est également manifesté au sommet de l’État. Le président Félix Tshisekedi, fervent amateur de football, est sorti de sa résidence pour partager cette joie collective avec la population, sillonnant les rues dans une atmosphère de communion rare. Dans la foulée, le gouvernement a décrété une journée chômée et payée, preuve supplémentaire de l’importance symbolique de cette qualification pour tout un pays. Au-delà du sport, ce succès est apparu comme un puissant facteur d’unité nationale, rassemblant des millions de Congolais autour d’un même sentiment de fierté et d’accomplissement. «C’est une fierté, d’abord pour les Congolais, parce qu’on sait qu’on est extrêmement suivi. Les fans sont encore là aujourd’hui, très nombreux, et ils font beaucoup de sacrifices. Il est important que tout le monde sache que le Congo a de bons joueurs, vaillants et résilients. Je suis fier de mes joueurs, de mon staff, du soutien du gouvernement qui est toujours derrière nous et de la fédération. Aujourd’hui je suis fier de ce qu’ils ont fait. Ça mérite d’être célébré. Je suis fier pour les Congolais qui vont fêter ça ce soir. Merci !», a réagi l’entraîneur français au micro de FIFA+ après la qualification. Depuis plusieurs années, le travail de structuration mené par la fédération congolaise porte enfin ses fruits. Avec une stabilité apportée au staff technique, des choix assumés dans la formation et une meilleure organisation des compétitions locales, le football congolais s’est progressivement reconstruit avec ambition et cohérence.
Pub. le
– MAJ le
Crédit: Lien source