Luis de la Fuente avec l’Espagne, Gareth Southgate en Angleterre, Mohamed Ouahbi au Maroc… Ces dernières années, de plus en plus de fédérations ont pris le pari d’institutionnaliser une forme de continuité entre leur sélection Espoirs et l’équipe A. La passerelle est évidente voire même logique pour les joueurs, et elle (re)concerne aussi les sélectionneurs désormais. C’est le destin auquel aspire le sélectionneur des Espoirs maliens, Fousseni Diawara, réclamé par de nombreux suiveurs à la tête des Aigles. Ancien joueur de Saint-Etienne où il avait été lancé en pro par un certain Rudi Garcia en 2000, Diawara a ensuite posé les premières pierres de sa carrière d’entraîneur en 2016, un an après avoir raccroché les crampons.
Il avait d’abord enfilé la casquette de team manager de la sélection malienne, à défaut d’être titulaire des diplômes requis pour prendre la tête des espoirs maliens (il a obtenu les diplômes FFF en 2015 dans la même promotion que Laurent Robert, Edouard Cissé, Pascal Chimbonda, Toifilou Maoulida, Sébastien Piocelle ou Samy Traoré). Le natif de Paris a ensuite fait ses armes en tant qu’adjoint de Mohamed Magassouba à la tête des A, participant par ailleurs à deux CAN et un barrage de Coupe du Monde contre la Tunisie (défaite 1-0), avant de devenir sélectionneur des Espoirs comme il l’envisageait. «C’est quelqu’un qui ne fera pas de bruit, qui va aller chercher ses objectifs et qui a même toujours été les chercher. Fousseni, c’est un mec hyper sérieux dans son travail,» appuie l’ancien international tricolore Frédéric Piquionne, connu à l’ASSE.
Une connaissance aiguisée du foot malien et du vivier des binationaux
Si sa candidature pour prendre la succession de Sainfiet à la tête des Aigles prend aujourd’hui du poids (Mahazou Baba Cisset vient d’être élu nouveau président de la FEMAFOOT et nommera un nouveau sélectionneur en août), rien d’aléatoire là-dedans. Diawara s’est formé sur le terrain. En plus de ses expériences au pays, le quarantenaire a pu épauler Kaba Diawara, sélectionneur de la Guinée, en participant à sa première compétition majeure, la CAN 2024. «C’est quelqu’un qui a pris le temps de passer les étapes, sans vouloir aller chercher tout directement, ajoute Piquionne. Il a fait son petit trou comme adjoint en Guinée, avec le Mali, et aujourd’hui en tant que numéro un avec les Espoirs (2017-2022 puis 2025 à aujourd’hui). Tout ça, ça lui permet d’avoir un pied à la Fédération. Fousseni, c’est quelqu’un qui fera passer ses idées sans parler trop fort.»
Sur le pré, elles se matérialisent par une philosophie offensive, Diawara demandant à ses équipes de la verticalité, de l’intensité, et des pressings hauts. Dépeint par ceux qui l’ont côtoyé comme un très bon tacticien (Bafé Gomis nous racontait qu’à Saint-Étienne, il procédait régulièrement à des réajustements tactiques à la mi-temps), il peut aujourd’hui mettre ses principes en application avec les Espoirs maliens. Un poste qui lui confère une certaine légitimité et une vision d’ensemble, sur le terrain des binationaux comme sur le football local.
Diawara a ainsi suivi tous les matchs du Stade Malien, passé proche de l’exploit en 1/4 de finale de Ligue des Champions africaine face aux Sud-Africains de Mamelodi (3-0, 0-2). Il n’est pas non plus rare de le voir posté sur la main-courante ou en tribunes, tantôt sur un match de U19 entre Auxerre et le PSG au Campus, tantôt sur un match en Autriche ou de première division malienne. «Sa connaissance du foot africain et ses expériences dans des staffs africains en font un candidat idéal pour accompagner cette nouvelle génération, estime Bafétimbi Gomis, son ex-coéquipier à l’ASSE. Les Maliens ont besoin de trouver ce coach que le Sénégal a trouvé avec Pape Thiaw. Celui qui pourrait faire en sorte que le Mali puisse redevenir une nation prétendante à un sacre à la CAN. Parfois, c’est un coach qui était à l’échelon d’en dessous, comme Aliou Cissé ou Pape Thiaw. Sa légitimité au Mali ne date pas d’hier. Il y est retourné assez tôt en s’impliquant là-bas, en y passant beaucoup de temps et s’investissant dans le football local.»
Il rêve de qualifier le Mali à une Coupe du Monde
Lorsqu’il était team manager, Diawara allait lui-même « scouter » à travers le pays. C’est lui qui a porté l’existence des jeunes Amadou Haidara, Moussa Djenepo ou encore Sékou Koïta à la fédération. Il avait également convaincu Moussa Marega de rejoindre la sélection à l’époque, tout comme Lassine Sinayoko, avant-même qu’il devienne titulaire à Auxerre. Outre ces noms-là, il aura, au total, contribué à attirer 17 binationaux (Massadio Haidara, Sikou Niakaté, Oumar Pona…).
Aujourd’hui, Diawara aspire à replacer le Mali à son rang naturel. Il peut compter sur le soutien de plusieurs légendes maliennes, comme Seydou Keita et Frédéric Kanouté, prêts à l’accompagner. Son plus grand rêve dans l’hypothèse où il venait à prendre les commandes de sa nation ? La qualifier pour une Coupe du Monde, ce qui serait une première dans l’histoire du pays.
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