Soudan: à Khartoum, «la poésie est un de nos ressorts pour rester sains d’esprit»

Notre série de reportages toute la semaine sur le Soudan qui vient d’entrer dans sa quatrième année de guerre. C’est à Khartoum, en avril 2023, que les combats ont éclaté entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) qui s’affrontent pour le pouvoir. Après avoir occupé la capitale pendant deux ans, les FSR ont été chassées l’année passée par les Forces armées soudanaises. Depuis lors, près d’un million et demi de déplacés sont rentrés. Mais la ville reste encore ravagée. L’eau, l’électricité, les médicaments, manquent. Les conditions sont dures et certains tentent de les oublier, l’espace d’un instant, grâce à la musique.

Publié le :




2 min Temps de lecture

De notre envoyée spéciale à Khartoum, Gaëlle Laleix

Dans la cour de la maison des jeunes, dans le quartier d’Omdurman, au nord-ouest de Khartoum, les musiciens accordent leurs instruments. Ismail Karbino, poète, commence à déclamer son texte… L’histoire d’une situation catastrophique et la réaction naturelle des gens qui fuient en masse face à la menace. « La poésie, c’est un de nos ressorts pour rester sains d’esprit », confie Ismail Karbino, « en tant que poètes, on l’utilise comme une sorte de soutien psychologique. »

La cour est pleine à craquer. Des hommes, des femmes, des jeunes et des plus vieux. Mujahed Awad, 28 ans, ne rate aucun de ces rendez-vous. « J’aime la musique. J’aime être avec des gens. J’aime ces chansons différentes », se réjouit le jeune homme qui souhaite oublier les tristesses causées par la guerre qui dure depuis maintenant plus de trois ans. « La musique folklorique, c’est notre héritage. Ça nous remonte le moral », explique-t-il.


Jeunes, femmes et hommes se réunissent pour célébrer la culture soudanaise dans la maison des jeunes du quartier d’Omdurman, en banlieue de Khartoum, la capitale. © RFI/Gaëlle Laleix

Depuis deux mois, ces concerts ont lieu chaque semaine. C’est Alshiek Altamanaan, secrétaire général du forum de la musique, qui en est l’organisateur. Pour lui, « la culture représente un de nos outils dans la bataille pour la dignité ». Grâce à ces événements, il souhaite créer une prise de conscience culturelle afin que l’héritage soudanais, mis à mal ces dernières années, soit sauvegardé et « pousser de jeunes talents à se connecter à la génération précédente ».

Ce soir-là, des chansons de cinq régions ont été interprétées. Le Soudan dénombre plus d’une centaine de styles différents de musique folklorique.

Une extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.

Les stigmates de trois ans de guerre sur les murs et dans les esprits au Soudan
Les stigmates de trois ans de guerre sur les murs et dans les esprits au Soudan © Gaëlle Laleix RFI

À lire aussiSoudan: les habitants de l’île de Tuti, déplacés par la guerre, retournent chez eux

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.