Le Parc national de la Guadeloupe est un espace fragile qui doit être préservé des activités humaines. Pourtant ses dirigeants constatent une augmentation des prises de vues réalisées sans autorisation préalable en cœur de parc, que ce soit en milieu terrestre ou marin. Au-delà du non-respect de la réglementation, ces pratiques ont des conséquences directes sur les écosystèmes, en perturbant la faune et en fragilisant des milieux naturels déjà sensibles.
Drones : un dérangement bien réel pour la faune
Le développement des prises de vues par drone suscite une vigilance particulière. Même à distance, ces appareils sont perçus comme une menace par de nombreuses espèces. Ils provoquent des réactions de fuite, du stress et peuvent perturber les cycles de reproduction.
Les prises de vues non encadrées depuis le sol présentent également des risques, notamment à proximité de zones de repos ou de reproduction. Les équipes du Parc constatent régulièrement ces situations sur le terrain. Dans certains cas, quelques minutes de dérangement suffisent à compromettre une nichée.
Harry Ozier-Lafontaine, directeur du Parc National de Guadeloupe, explique les enjeux de ces pratiques :
Le constat qu’on fait en ce moment, c’est qu’il y a un nombre accru d’intrusions dans les cœurs de parcs avec des personnes qui viennent faire des prises de vue et sans autorisation. Et beaucoup de ces prises de vue se font avec des drones. Aujourd’hui, on considère que les drones sont un danger pour la tranquillité de notre faune, en particulier des oiseaux, puisqu’ils sont perçus comme des prédateurs. Donc, la présence d’un drone peut déranger une nichée, faire fuir un oiseau. Je dirai simplement qu’une belle image sur un réseau social, c’est peut-être une période de reproduction qui est compromise pour un oiseau
En cœur de Parc national, toute prise de vues à des fins de communication, de promotion ou d’activité commerciale est soumise à une autorisation préalable délivrée par l’établissement. Ce dispositif s’appuie sur le Code de l’environnement et vise à concilier valorisation du territoire et protection des milieux naturels.
Des sanctions prévues en cas d’infraction
Réaliser des prises de vues sans autorisation constitue une infraction. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre 1 500 €, montant porté à 3 000 € en cas de récidive (contravention de 5e classe). Selon les situations, notamment en cas d’atteinte aux espèces protégées ou de non-respect d’autres prescriptions, des poursuites complémentaires peuvent être engagées.
On a un cadre qui est simple, c’est-à-dire que nous, on est là pour accompagner, justement, professionnellement ce type de prise de vue. Il suffit de faire une demande auprès de nos services. On a tout qui est mis en place pour ça. Nous avons une démarche simplifiée en ligne qui permet de faire la demande d’autorisation et nous accompagnons les prestataires de manière à ce qu’ils produisent le moins d’impact possible
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