Entreprise Karu’Caviar : des étudiants guadeloupéens élaborent un produit de luxe, aux saveurs locales…
Il fallait y penser ! Passionnés, créatifs et déterminés, ils l’ont fait ! Des étudiants de Fouillole, inscrits en Master 1 Biologie-Santé, parcours nutrition, science de l’alimentation, au pôle Guadeloupe de l’Université des Antilles (UA), ont voulu créer une alternative végétale au caviar, sous la forme d’un produit innovant inspiré des saveurs de l’archipel. Ainsi est née l’entreprise Karu’Caviar, qui propose aux consommateurs un panel de produits à base de fruits et de légumes locaux !
Ce caviar végétal est la concrétisation de leur projet d’étude. Le 17 avril dernier, ils ont présenté leur projet, devant un jury de scientifiques et de professionnels et ce fut un succès !
Des billes multicolores aux saveurs locales
Elles ressemblent à des œufs d’esturgeon qui font le réputé caviar. Sauf que les petites billes produites par Karu’Caviar sont bleues, jaunes ou encore beiges. Leurs parfums sont variés : citronnelle/gingembre, ananas, gros thym, mangue verte, piment, clitoria/citronnelle, clitoria/piment, etc.
Pour relever ce défi, les étudiants ont réalisé une prouesse scientifique. Les billes sont élaborées à partir d’une solution d’un certain PH, avec des associations plus ou moins acides et, au final, la nécessité de corriger cette acidité. La matière première, à savoir les plantes, les fruits et les légumes, a été transformée en infusion ou en jus ; celui-ci, associé à de l’alginate, puis plongé dans un bain de calcium, permet d’obtenir le produit final, les perles végétales.
Les étudiants ont eu seulement 4 mois imposés, pour réaliser leur projet et monter leur entreprise, tout en apprenant à travailler en commun. Il en ressort une marque de luxe, valorisée par une présentation adéquate.
Fabienne Youyoutte, pointure dans le monde de la gastronomie, chef d’entreprise primée, était présidente du jury. Elle a été époustouflée.
« Je suis fier de cette nouvelle génération. L’idée, elle est géniale. Il fallait y penser, ça m’a donné l’idée aussi d’acheter chez eux, de mettre sur mes pâtisseries et sur mes glaces. »
Fabienne Youyoutte, présidente du jury
Les étudiants vont poursuivre leur cursus avec cette expérience qu’ils n’oublieront jamais. Peut-être qu’elle aura suscité des vocations.
Un projet pédagogique complet
Les enseignants du Master Biologie-Santé, parcours nutrition, science de l’alimentation, entendent inculquer une expérience concrète aux étudiants.
« C’est un gros défi. En 4 mois, ils ont tout réalisé. Ils partent de la conception même de leur entreprise, il faut qu’ils cherchent le nom, le produit innovant également. Donc c’est vraiment un travail de longue haleine. Nous sommes là en tant qu’encadrants, donc on les conseille au quotidien, on essaie de les orienter autant que l’on peut, mais le choix vraiment appartient aux étudiants. »
Ludovic Pruneau, enseignant chercheur à l’Université des Antilles.
Maintenant que le projet est concrétisé, que devient-il ?
« Les étudiants sont en Master 1, donc ils sont tous en formation initiale, à temps plein au sein de l’université. Mais nous espérons, grâce à ces expériences, créer des vocations pour certains et nous nourrissons l’espoir que, demain, l’entreprise puisse réellement voir le jour. »
Ludovic Pruneau, enseignant chercheur à l’Université des Antilles.
Dans ce Master, il y a notamment une jeune étudiante qui a déjà un parcours de cheffe d’entreprise. Elle entend bien mener de concert les deux parcours.
« Pour la suite, je ne sais pas si les collaborateurs souhaiteront continuer. Moi, en tout cas, je souhaite vraiment continuer sur cette lancée, j’aurais vraiment souhaité que tout le monde s’y mette, bien qu’il y a beaucoup d’investissements et de travail derrière. Mais, voilà, ça reste un travail de groupe, un travail de collaboration, notamment avec les partenaires, tous les fournisseurs qui sont là pour nous. »
Anicette Nicolson Zami, étudiante
Déjà auto-entrepreneur, Anicette, qui gère un salon de massage, entend poursuivre en Master 2, puis en doctorat. Son souhait est de devenir nutritionniste. Voilà donc une filière qui suscite des vocations et révèle des étudiants, de surcroît dans un esprit d’équipe et d’entraide.
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