Seine-et-Marne : dans les cantines des collèges, le Département veut interdire les produits d’Amérique du Sud
Maxime Berthelot
Publié le
La Seine-et-Marne dit NON au Mercosur, et soutient l’agriculture locale. Voilà l’intitulé d‘une tribune publiée la semaine dernière par Jean-François Parigi, président du conseil départemental, dans le cadre de l’accord de libre-échange signé le 17 janvier 2026 entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay).
Dans cette dernière, le président du Département annonce avoir adressé un courrier à l’ensemble des fournisseurs de restauration scolaire pour leur rappeler « qu’aucun produit alimentaire ne doit provenir du Brésil et d’Amérique du Sud, en opposition à l’accord de libre-échange du Mercosur et en soutien à toutes les filières agricoles. »
Une décision prise alors même que le 21 janvier 2026, les eurodéputés ont voté la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne sur l’accord UE-Mercosur, ce qui pourrait retarder sa ratification voulue par la Commission européenne.
« Sans attendre la signature de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, intervenue le 17 janvier 2026, le Département de Seine-et-Marne a entrepris un vaste plan visant à fournir les restaurants scolaires de ses 122 collèges en produits français, issus de l’agriculture locale », a également rappelé Jean-François Parigi, soulignant notamment l’ouverture en 2024 de la plateforme Approv’halles qui, en partenariat avec la Région Île-de-France, alimente désormais près de 50 000 demi-pensionnaires collégiens seine-et-marnais en produits locaux et franciliens (fruits, légumes, volailles, laitiers).
« Le cahier des charges des fournisseurs des cantines des collèges de Seine-et-Marne pourra être revu »
« Ce choix ambitieux a été renforcé depuis un an par des fournisseurs locaux en viande bovine et ovine provenant exclusivement de Seine-et-Marne, d’Île-de-France et de France, précise par ailleurs le président du Département. En un an, plus de 100 tonnes de viande de bœuf et d’agneau seront servies dans les assiettes des collégiens, grâce aux producteurs franciliens. Un modèle qui vient soutenir l’économie agricole francilienne, protéger la souveraineté alimentaire française et vertueux pour l’éducation au goût. »
Concrètement, il a été demandé à l’ensemble des fournisseurs de la collectivité de sourcer l’ensemble des produits qu’ils livrent aux restaurants scolaires du département.
« À l’issue, le cahier des charges pourra être revu pour supprimer les éventuels produits qui seraient importés d’Amérique du Sud, prévient Olivier Lavenka, vice-président du Département en charge de l’Agriculture. Avec cette décision forte, le Département affiche une cohérence entre le discours qui vise à promouvoir le manger local et les actes en envoyant un message clair de soutien à nos agriculteurs, à nos éleveurs et à l’ensemble de la filière locale et française. »
Un geste salué par la Fédération départementale des exploitants agricoles de Seine-et-Marne (FDSEA77), mobilisée depuis plusieurs mois contre l’accord de l’Union européenne avec les pays du Mercosur :
« Ce lien avec le Département et la Région Île-de-France est une excellente initiative, se félicite Samuel Vandaele, président de la FDSEA77. Il s’est développé avec l’arrivée des viandes bovine et ovine. C’est un contrat gagnant-gagnant, qui permet à nos agriculteurs de bénéficier d’un prix rémunérateur, et aux collégiens d’aliments locaux et de qualité. »
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