Célestin Marie Tine plaide pour une refondation du secteur

Dans un ouvrage-témoignage couvrant la période 1970-2019, l’ancien directeur de l’Education populaire, Célestin Marie Tine, revient sur l’évolution des collectivités éducatives au Sénégal et formule des propositions pour leur redynamisation.

Célestin Marie Tine ne se contente pas de retracer un parcours. Dans son ouvrage Les collectivités éducatives au Sénégal : parcours, héritage et perspectives (1970-2029), l’ancien directeur de l’Education populaire dresse un diagnostic sans complaisance du secteur et avance des pistes de réforme. Selon lui, ces structures demeurent «un pilier fondamental de l’éducation non formelle et de la formation citoyenne des jeunes». Mais leur potentiel reste, à ses yeux, largement sous-exploité. «Il est impératif aujourd’hui d’harmoniser l’organisation des collectivités éducatives et de doter le secteur d’un cadre réglementaire plus cohérent», soutient-il.
L’auteur insiste également sur le déficit de production intellectuelle et documentaire. «Nous avons accusé un retard dans la capitalisation des expériences. Il faut documenter, archiver et valoriser ce qui a été fait depuis des décennies», affirme-t-il, appelant à une meilleure transmission des savoirs.
Autre axe majeur : le financement. Pour Célestin Marie Tine, «la question des moyens reste centrale». Il propose ainsi «un mécanisme de financement durable, adossé à un partenariat renforcé entre l’Etat, les collectivités territoriales et les organisations de jeunesse».

Sur le plan de la formation, il plaide pour une professionnalisation accrue des encadreurs. «Il est nécessaire de renforcer les dispositifs de formation des moniteurs et directeurs, afin de garantir la qualité des activités proposées aux jeunes», explique-t-il. Enfin, l’ancien responsable met l’accent sur la gouvernance. «Le secteur doit être mieux structuré, avec des rôles clairement définis entre les acteurs institutionnels et associatifs», dit-il, tout en soulignant l’importance d’un dispositif de suivi et d’évaluation plus rigoureux.

A travers ces propositions, Célestin Marie Tine ambitionne de repositionner les collectivités éducatives comme un levier stratégique de politique publique. «Les collectivités éducatives doivent redevenir une priorité nationale, si l’on veut préparer une jeunesse responsable, engagée et ouverte», conclut-il.
Un appel qui sonne comme une invitation à repenser en profondeur un secteur longtemps considéré comme secondaire, mais dont l’impact sur la société reste, selon lui, déterminant.

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