Côte d’Ivoire : La 4ᵉ Fête des libertés du MGC marquée par le boycott du PDCI


La 4ᵉ édition de la Fête des libertés organisée par le Mouvement des Générations Capables (MGC) de Simone Ehivet Gbagbo s’est tenue ce samedi 2 mai 2026 à Abidjan, dans un contexte politique ivoirien marqué par des recompositions au sein de l’opposition et des relations fluctuantes entre grandes formations politiques. L’événement, accueilli dans la grande salle du 4e étage de l’hôtel Capitol, à la Riviera Golf, a réuni plusieurs centaines de participants, au point de rendre les locaux initialement prévus insuffisants. Le PDCI a brillé par son absence.

Militants, sympathisants et invités venus d’Abidjan et de plusieurs régions du pays ont répondu présent à cette rencontre politique devenue un rendez-vous annuel pour le MGC. La cérémonie a également enregistré la présence de personnalités diplomatiques et institutionnelles, notamment l’ambassadeur d’Égypte et un représentant de la CEDEAO. À leurs côtés figuraient Ahoua Don Mello, représentant des BRICS, ainsi que Gnoka Moriak du National Democratic Institute (NDI), témoignant d’un intérêt international pour les débats politiques ivoiriens.

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Sur le plan national, plusieurs partis et mouvements de l’opposition ont marqué leur présence. Le COJEP de Charles Blé Goudé était représenté par son inspecteur général Marcel Yavo, tandis que le mouvement Aube Nouvelle de Vincent Toh Bi Irié a dépêché Konan Victor. Le parti Objectifs République, des représentants du maire de Cocody Jean-Marc Yacé, ainsi que l’ONG Planète Paix figuraient également parmi les participants. Cette diversité d’acteurs politiques illustre la volonté affichée du MGC de ratisser large et de s’imposer comme une plateforme de dialogue au sein de l’opposition ivoirienne.

Cependant, l’absence du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) a constitué l’un des faits majeurs de cette édition. Selon des sources proches de l’organisation, une invitation officielle avait pourtant été transmise au vieux parti. Ce boycott intervient dans un climat de tensions persistantes entre le MGC et le PDCI, autrefois alliés au sein de la Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI). Le retrait du MGC de cette coalition en janvier 2026, sur fond de divergences stratégiques, ainsi que les désaccords liés à la stratégie électorale, ont contribué à une détérioration des relations entre les deux formations.

À l’inverse, la présence remarquée du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a créé la surprise. La participation d’Angèle Boka, vice-présidente du parti de Laurent Gbagbo, a été saluée par de vifs applaudissements dans la salle. Cette présence est perçue comme un signe de dégel politique entre le MGC et le PPA-CI, malgré des tensions passées et des différends juridiques autour de l’usage du nom « Gbagbo ». Elle contraste également avec les récents épisodes de boycott entre certaines formations de l’opposition.

Prenant la parole en ouverture des travaux, Simone Ehivet Gbagbo a donné le ton de la rencontre avec une intervention empreinte d’humour et de convivialité. Elle a égrené la liste de ses invités, non sans ironie, avant d’ouvrir officiellement les débats en soulignant l’importance du dialogue politique. Elle a insisté sur la nécessité d’échanges constructifs autour du thème central de cette édition : « 1990-2026, trente-six ans de multipartisme en Côte d’Ivoire : quelles avancées démocratiques et quelles libertés réelles ? ».

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Contrairement aux éditions précédentes marquées par de grandes mobilisations populaires, cette 4ᵉ édition a privilégié un format plus intellectuel, centré sur des panels de réflexion et des discussions sur l’évolution du multipartisme en Côte d’Ivoire depuis la fin du parti unique en 1990. Les échanges ont mis en lumière les acquis démocratiques, mais aussi les défis persistants liés à la consolidation des libertés politiques dans le pays. Cette édition de la Fête des libertés apparaît ainsi comme un moment politique important, révélant à la fois les fractures, les rapprochements et les repositionnements en cours au sein de la scène politique ivoirienne.

Afriksoir

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