Selon des psychologues, la technologie actuelle ferait disparaître certaines forces mentales développées par les générations des années 60 et 70
Les psychologues tirent la sonnette d’alarme : des forces mentales forgées chez les enfants des années 60 et 70 seraient en train de s’effacer sous l’effet de la technologie actuelle. Pour les Baby-boomers et la Génération silencieuse, élevés sans smartphone ni réseaux sociaux, ce constat a un goût de déjà-vu.
Selon un article résumé par Cottonwood Psychology et repris par Psychologies, ceux qui ont été élevés entre 1960 et 1980 ont appris tôt à « passer à autre chose », à s’amuser sans écran, à gérer le stress financier et les bouleversements sociaux. Mais que se passe-t-il quand les notifications remplacent l’ennui et que Google a toujours la réponse ?
Ces forces mentales des années 60-70 que la technologie efface peu à peu
Les psys décrivent une capacité rare aujourd’hui : accepter l’ennui. « Dans les années 60 et 70, l’ennui n’était pas une option, c’était un état de fait », rappelle JeuxVideo.com. Peu de chaînes TV, pas de flux vidéo infini ni de console portable, aucun smartphone. Résultat, « les enfants de cette époque ont appris à se divertir sans l’aide d’un écran » et à compter sur leur imaginaire.
Autre pilier : la débrouillardise. Sans GPS ni moteur de recherche, « se tromper de chemin n’était pas une catastrophe, mais un défi. Ils cherchaient des points de repère, demandaient leur chemin à un inconnu et persévéraient jusqu’à atteindre leur destination », résume un article relayé par JeuxVideo.com. Cette résolution de problèmes « en mode survie » forge un mental solide face au bug, au contretemps ou au manque d’information.
Smartphones, réseaux sociaux, ChatGPT : que perd-on vraiment ?
Aujourd’hui, l’omniprésence de Google et de ChatGPT a profondément modifié notre rapport à l’inconnu. Chaque question devient une requête, chaque trajet un itinéraire GPS. Sur le papier, c’est confortable. Mais plus le cerveau délègue, moins il entraîne sa capacité d’analyse, sa mémoire spatiale et son réflexe de bricoler une solution, que ce soit pour retrouver un chemin ou pour sortir d’un niveau compliqué dans un jeu.
La saturation numérique attaque aussi la tolérance à l’ennui. Notifications, scroll infini, parties rapides sur mobile : à la moindre micro-frustration, on dégaine l’écran. Là où les enfants des années 60-70 apprenaient à « se raconter des histoires en prenant une tasse de thé sans se ruer sur un écran », beaucoup d’ados se sentent perdus dès que le Wi-Fi saute ou que la 4G rame.
Peut-on retrouver ce « mental 60-70 » sans renoncer à la techno ?
Les spécialistes le rappellent : « Attention, cela ne signifie pas que la génération actuelle n’a pas ces forces mentales. » Le contexte a changé, pas le potentiel du cerveau humain. Pour un joueur, la clé n’est pas de jeter son smartphone, mais de réintroduire volontairement des zones sans béquille numérique, comme finir un boss sans regarder de soluce ou chercher soi-même l’origine d’un bug avant de taper la question.
On peut aussi s’inspirer des années 60-70 dans la vie quotidienne : garder le téléphone en poche pendant une file d’attente, accepter de s’ennuyer dans les transports, discuter en face à face plutôt que par messages vocaux. Petit à petit, ces micro-défis réactivent l’imagination, la concentration et la résilience qui faisaient la force des enfants de cette époque, sans renier les apports de la technologie moderne.
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