Crise au Mali : « la junte doit partir », estime l’opposant Étienne Fakaba Sissoko

Alors que le Mali fait face à une situation sécuritaire critique deux semaines après des attaques coordonnées du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et de la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), l’opposant en exil Étienne Fakaba Sissoko a estimé mardi 5 mai sur France 24 que « la junte est la seule responsable de la situation catastrophique » du pays.

« Tout le monde regrette ce qui s’est passé. C’est le sang des Maliens qui est en train de couler mais la responsabilité incombe à la junte », a martelé le porte-parole de la Coalition des forces pour la République (CFR). « C’est cette junte qui a rompu l’accord pour la paix et la réconciliation [accord de paix de 2015, conclu avec les indépendantistes du Nord, NDLR], qui est allée chercher des mercenaires qui se sont rendus coupables de toute sorte d’exactions et qui a dissous les partis politiques et réprimé de façon inconsciente. »

Regarder « la réalité en face »

Créée en décembre 2025, la CFR appelle à la fin de la transition dirigée par Assimi Goïta, le chef de la junte au pouvoir au Mali, et exige le retour à l’ordre constitutionnel dans un pays où l’espace démocratique est verrouillé. Fondée par plusieurs figures de l’opposition en exil, la coalition a rapidement reçu l’appui de l’imam Mahmoud Dicko.

Soutien des militaires qui se sont emparés du pouvoir en renversant en août 2020 le président Ibrahim Boubacar Keïta, l’imam avait rapidement pris ses distances vis-à-vis de la junte.

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Selon Étienne Fakaba Sissoko, « la junte doit partir […] pour laisser place à l’inclusivité » après les événements de ces dernières semaines qui ont fait officiellement 23 morts civils et militaires.

« Nous ne voulons pas être spectateurs de la descente aux enfers de notre pays. Nous ne cautionnons aucune violence mais il faut regarder la réalité en face », a fait valoir l’économiste de formation, défendant un dialogue avec l’ensemble des acteurs, y compris le Jnim, affilié à Al-Qaïda, qui promeut l’instauration de la charia.

En revanche, l’indépendance du Nord, revendiquée par les rébellions touarègues, constitue une « ligne rouge » pour la CFR qui promet toutefois de faire évoluer la constitution pour accorder une plus grande autonomie à cette région.

« Cela fait un an que la CFR a pris son bâton de pèlerin et parle avec l’ensemble des acteurs impliqués dans cette crise, au début, y compris avec la junte elle-même. Mais cette dernière n’écoute plus personne […] et est devenue le seul et unique obstacle à la paix », juge Étienne Fakaba Sissoko. « Aujourd’hui, la convergence des vues qui se dégage est que la junte doit partir pour laisser la place au dialogue et aux réformes que nous prônons. »

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