Guerre au Soudan : reportage à la frontière tchadienne où des milliers de réfugiés affluent

La poussière s’infiltre dans les vêtements, se dépose sur les visages et recouvre d’une fine couche jaunâtre le camp d’Adré. Dans ce lieu transitoire, les réfugiés affluent : 280 000 depuis début 2026, confrontés au manque d’abris et de ressources. Pendant ce mois de ramadan, le soleil frappe les toitures de fortune, les transformant en surfaces brûlantes. Aux heures les plus chaudes, les habitants cherchent refuge sous l’ombre rare des arbres décharnés, sous des véhicules à l’arrêt ou derrière des murs.

« Un obus est tombé directement dans la salle de classe où nous dormions », se souvient Ali, 49 ans, assis avec ses deux filles, Meriadje, 12 ans, et Rawa, 8 ans. Ce soir-là, des dizaines de familles déplacées s’étaient entassées dans une école du village de Qoz Beina, proche d’El-Fasher, capitale du Darfour du Nord. « Ma première femme et quatre de mes enfants ont été tués sur le coup. » Avant la guerre, Ali était marchand de bétail dans les marchés de la région. C’était un commerçant respecté. Sa vie a basculé lorsque les Forces de soutien rapide (FSR) ont assiégé et pris la ville d’El-Fasher. « L’explosion a presque arraché le bras de ma fille Meriadje : il pendait, il n’y avait plus d’os », poursuit-il…

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