Berlin accueille ce mercredi 15 avril une conférence internationale sur le Soudan, réunissant l’Union africaine, l’UE, les États-Unis et la France, pour tenter de répondre à une crise humanitaire et politique majeure au Soudan.
Soutenue par l’Allemagne, qui a mobilisé 141 millions d’euros pour faire face à la crise, cette initiative s’inscrit dans les efforts pour un cessez-le-feu durable, notamment à travers la feuille de route du « Quad ». (USA, Égypte, Arabie saoudite, Émirats).
Pour le docteur Jacky Mamou, président du collectif “Urgence Darfour”, l’initiative est salutaire, mais un cessez-le-feu définitif doit rester la priorité.
Jacky Mamou : La France et l’Allemagne avaient réuni un sommet à Paris l’année dernière, je pense, pour réunir des fonds pour pouvoir renforcer l’aide humanitaire qui est extrêmement défaillante. Je vous rappelle qu’on estime qu’il y a 40 % seulement des fonds nécessaires qui ont été réunis, en tout cas sur l’année écoulée, par rapport aux besoins qui sont nécessaires devant la plus grande crise humanitaire actuelle mondiale.
Alors, le problème, encore une fois, je pense qu’un certain nombre de pays vont répondre positivement à la demande de l’Allemagne, mais il va y avoir deux questions. Avoir des fonds pour acheter de l’aide humanitaire, c’est très bien.
La question qui vient tout de suite, c’est comment l’acheminer? Parce que nous sommes dans une situation d’insécurité absolue de toute aide humanitaire. La distribution en est très difficile et en tout cas dans certaines régions du Soudan, parmi les plus nécessiteuses, c’est extrêmement dangereux.
Le deuxième aspect pour arriver à un cessez le feu d’une manière ou d’une autre,
DW : Monsieur Jacky, c’est tout de même une bonne initiative que les gens se réunissent pour dire qu’on n’oublie pas le Soudan.
Je suis entièrement d’accord avec vous. Mais vous savez, on trouve tout au long de l’année des communiqués d’organismes internationaux de certains pays, etc. Qui rappellent l’existence de la plus grande crise humanitaire actuelle. Sauf qu’il n’y a rien de décisif qui s’ensuit pour le moment, en tous les cas,
Peut-on espérer, avec la rencontre qui va se tenir à Berlin, qu’il y ait une réponse à ces doléances ?
Oui, oui, on peut espérer, on peut espérer qu’il y ait d’une part une levée de fonds importante et d’autre part, une initiative peut être politique pour essayer de débloquer la situation, au moins par un cessez-le-feu.
Et vous pensez que sous l’impulsion de l’Allemagne, les pays européens peuvent obtenir le cessez-le-feu?
Il faut que l’Europe parle d’une seule voix pour qu’il y ait une initiative dans ce sens.
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