Football. Racing Club de Strasbourg : la ministre des Sports veut que la multipropriété soit régulée à l’échelle européenne
Ce jeudi, la France du ballon rond aura les yeux braqués sur la Meinau à l’occasion de la demi-finale retour de Ligue Conférence contre les Espagnols du Rayo Vallecano. La ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, en fonction depuis octobre dernier, sera à compter parmi les supporters du Racing.
« C’était important pour moi de venir, d’autant que jeudi va se jouer ici un match très important, c’est le moment d’encourager l’équipe », a expliqué Marina Ferrari en marge du match de championnat que les Bleus ont perdu contre Toulouse (1-2) dimanche.
« Pour être performants, nos clubs ont besoin de capitaux étrangers »
L’occasion pour la Savoyarde d’échanger avec les dirigeants des deux clubs, en l’occurrence le Strasbourgeois Marc Keller et le Toulousain Olivier Cloarec, autour de la proposition de loi sur la réforme de la gouvernance du sport professionnel.
Adopté à l’unanimité par le Sénat en juin dernier, ce « texte important », selon les mots de la ministre, passera à l’Assemblée nationale le 18 mai.
Le projet consiste notamment en une refonte majeure du football hexagonal avec la disparition de la Ligue professionnelle (LFP) au profit d’une société de clubs de Ligue 1 et de Ligue 2, épaulés par des partenaires privés.
« Ça me donne l’occasion d’échanger avec les dirigeants sur leurs attentes, dit Marina Ferrari. Aujourd’hui, on a un problème économique, avec beaucoup de droits médias qui nous échappent du fait du piratage. Il y a aussi une partie qui va traiter de la structuration du sport professionnel féminin. À Strasbourg, il y a une section féminine qui se développe bien. »
Interrogée sur le sujet de la multipropriété qui concerne à la fois le Racing et le Téfécé, la ministre a rappelé une évidence : « Pour être performants au niveau européen, on voit bien que nos clubs ont besoin de capitaux étrangers ».
« Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que c’est un phénomène qui dépasse le seul cadre national, développe-t-elle. Donc je suis pour une régulation de la multipropriété, mais dans un cadre européen. » Un message que Marina Ferrari portera au Conseil de l’Europe les 11 et 12 mai.
« Ce n’est pas la multipropriété qui provoque un déficit »
Reste à savoir si ce modèle est viable. Le récent rapport de la DNCG, le “gendarme financier” pour le ballon rond, a ainsi souligné que le football français est largement déficitaire.
Le Racing, par exemple, a perdu le montant record de 78,3 millions d’euros lors du dernier exercice (2024-2025). Faut-il s’en inquiéter ?
« Ce n’est pas la multipropriété qui provoque un déficit, ce sont les difficultés économiques du football français, répond la ministre. On estime aujourd’hui les pertes liées au piratage à 1,5 milliard d’euros pour la culture et le sport, dont plus de 390 millions pour le sport seul. On voit donc à quel point il est important de lutter contre ce phénomène. Sur la multipropriété, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Sans investisseurs, on n’aurait pas pu maintenir des clubs à un certain niveau. »
« Que l’identité des clubs et des territoires soit respectée »
À l’orée d’une semaine potentiellement enthousiasmante, avec le PSG et le Racing qui sont aux portes d’une finale européenne, Marina Ferrari délivre un message optimiste à l’adresse des supporters, dont elle dit « comprendre les inquiétudes ». Mais pour la ministre, les garde-fous sont en place.
« Notre rôle, en tant que pouvoirs publics, c’est de faire en sorte que tout soit bien encadré et surtout que l’identité des clubs et des territoires soit respectée, explique-t-elle. Ici, il me semble que la direction de Marc Keller garantit que l’âme du club est préservée. Ce n’est pas parce qu’un investisseur est étranger qu’il va dénaturer le club. Ce qui fait l’âme, ce sont les supporters, le territoire et l’engouement autour. Et ça, en France, on y est très attaché. »
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